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jeudi 16 décembre 2021

1950... Robida dans la Revue Air France

Surprise ! en feuilletant la Revue Air-France du printemps 1950  

Le mot de Fernand Hederer, Secrétaire général de l'Aviation civile et commerciale, est illustré d'un dessin d'Albert Robida paru en 1882 dans le Vingtième Siècle : Embarquement des passagers à bord d'un ballon transatlantique. Cette anticipation de Robida est censée se dérouler à l'époque de cet article, donc dans les années 50'.

 
Dessin d'Albert Robida dans Le Vingtième Siècle.

samedi 27 novembre 2021

La maquette de la Station d'Aérocabs de la Tour Saint-Jacques : au Musée Vivenel !

Nos lecteurs et membres s'en souviennent, notre association avait participé à l'exposition " Robida, l'explorateur du temps " qui a eu lieu au Musée Vivenel de Compiègne du 19 mai au 19 septembre 2021.

Le clou de cette exposition était une maquette de la Station d'Aérocabs de la Tour Saint-Jacques, inspirée d'un dessin d'Albert Robida extrait de l'ouvrage : Le Vingtième siècle, édité en 1882.

L'exposition temporaire terminée, nous avons procédé à son déménagement il y a quelques jours, et elle est allé rejoindre les collections permanentes du Musée Vivenel, après les opérations de démontage-remontage en règle, et avec le plus grand soin.

Si pour le moment cette maquette paraît un peu seule au milieu d’œuvres plus classiques, elle sera bientôt rejointe par d'autres pièces en rapport, évoquant les œuvres d'anticipation de Robida. On ne peut que s'en réjouir, et on a hâte de découvrir la suite...


Lors de l'exposition temporaire, les engins volants, les fameux aérocabs, avaient eu pour passagers des personnages empruntés aux œuvres du célèbre réalisateur japonais Hayao Miyazaki, qui c'était fortement inspiré des engins volants imaginés par Albert Robida, entre autres.

Ces petits personnages ont finalement quitté leurs nacelles respectives avant que la Tour ne rejoigne sa place au musée Vivenel.

On reconnaît de gauche à droite, la petite Mei, Kaonashi, Radish Spirit, Green Heads, l'esprit de la forêt, Chihiro, la vilaine Yubaba, Boh, Porco Rosso, Tororo et Chihiro 2...



lundi 29 mars 2021

Les rêves nés de la conquête de l'air - Fiche "Les Modes de Vie" Aviation et Culture

Ces deux fiches viennent de nous être communiquées, nous ignorions l'année d'édition de même que l'éditeur...

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, les progrès de la conquête de l'air suscitent des espoirs. L'emploi des machines volantes fait naître ces rêves, popularisés par des écrivains et des illustrateurs qui multiplient les représentations d'un futur plus ou moins proche.



 

jeudi 9 mai 2019

Colloque « Les temps de l’anticipation » Lyon, 9-11 octobre 2019

A noter, du 9 au 11 octobre 2019, se tiendra à Lyon un colloque qui devrait passionner les amoureux du genre "Les temps de l'anticipation".
Pour le moment, difficile à dire si des membres de notre association y participeront, mais une chose est sûr, c'est que l'ombre d'Albert Robida y planera certainement.

Les temps de l’anticipation (1860-1940)
Colloque organisé par l’ANR Anticipation
9-11 octobre 2019 – Lyon

Les lecteurs contemporains ont l’habitude d’associer la littérature d’anticipation au principe d’une expérience originale du temps, qu’il s’agisse de projeter des personnages dans le futur, de dévoiler des sociétés imaginaires archaïques ou plus avancées que les nôtres, ou de dessiner l’avenir des progrès des sciences et des technologies. De fait, ces thèmes sont constamment mobilisés par les récits d’anticipation. Mais pour saisir véritablement les enjeux qu’ils soulèvent, il importe de recontextualiser le rapport au temps dans l’anticipation. Derrière l’apparente permanence des interrogations, les questions se posent assurément différemment dans la dynamique positiviste des années 1860, au tournant du siècle ou dans le contexte de l’entre-deux-guerres. La spécificité du rapport au temps construit dans l’anticipation est indissociable de son insertion dans la presse et la culture médiatique contemporaine. La temporalité de l’anticipation est en effet directement influencée par le temps médiatique et elle ne saurait se comprendre indépendamment de ses supports de diffusion.

Cette production romanesque s’inscrit par ailleurs dans le cadre plus large d’un changement de paradigme anthropologique, social et psychologique, caractéristique du régime moderne d’historicité (François Hartog) : abandonnant peu à peu une pensée circulaire du temps, on se met à envisager son déroulement comme une pure linéarité. L’eschatologie ancienne se voit reconfigurée en termes positivistes de progrès ou d’inéluctable déchéance de l’espèce humaine dans une perspective darwinienne. La tentation est alors de se projeter vers l’avenir (progrès, planification), d’élaborer des modèles prédictifs (météo, bourse, paris), bref, d’anticiper – les fictions portent l’empreinte de ce bouleversement.

Les titres mêmes des œuvres affichent souvent un tropisme vers l’avenir (Le Vingtième siècle d’Albert Robida ou L’Ève future de Villiers de l’Isle-Adam), que le futur soit proche (Colère sur Paris, roman de demain matin de Pierre Dominique) ou lointain (Les Ruines de Paris en 4875, d’Alfred Franklin). Même lorsque le décalage temporel ne s’actualise pas par un bouleversement complet de la représentation, mais se joue par exemple dans le secret du laboratoire avec l’invention de technologies nouvelles découpant un îlot de futur dans la trame ordinaire des jours, le récit d’anticipation présente une temporalité innovante qui amène le lecteur à réfléchir sur son présent : la projection vers l’avenir n’empêche pas un « présento-centrisme » (Saint-Gelais).

Du point de vue de l’histoire littéraire, cette perspective temporelle éclaire la vie des œuvres : dans quel contexte naissent-elles, dans quel processus prennent-elles place (réclame, diffusion, critique, légitimation, oubli), quel effet de traîne peuvent-elles avoir (rééditions, adaptations, percolation socio-médiatique, intertextualité, postérité) ? Le prisme de la temporalité permet également de prendre en compte les rythmes éditoriaux et médiatiques (feuilleton, sérialité). Les étapes de l’institutionnalisation de l’anticipation, l’évolution de ses appellations, des textes qui la théorisent, la succession des auteurs emblématiques, peuvent fournir des points d’entrée à cette réflexion.

Avec le recul du temps, le lecteur actuel est aussi amené à porter un autre regard sur ces textes, envisagés comme des « rétrofictions » (Costes et Altairac) dont le futur peut nous apparaître daté, davantage porteuses d’un imaginaire passé que d’un avenir encore envisageable. On pourra s’interroger sur les lectures contemporaines du récit d’anticipation, pour se demander en quoi nos représentations du futur ont évolué, et dans quelle mesure elles croisent aujourd’hui encore la lignée de l’anticipation (steampunk, rétrofuturisme…). Le fait que les récits d’anticipation du XIXe siècle et de la première moitié du XXe deviennent une matière réexploitable dans une esthétique « vintage » suggère que les paradigmes de temps liés à ces fictions ne sont plus ceux qui dominent aujourd’hui.

 Ce colloque étudiera ces différents enjeux dans les récits d’anticipation francophones de la période (1860-1940) ainsi que dans leur réception jusqu’à nos jours, en observant de quelle manière ils se déclinent selon les sous-genres, les publics visés et les modes de publication. L’ensemble de ces réflexions pourra prendre appui sur les analyses statistiques issues de la base de données de l’ANR Anticipation.

Dans un souci de prise en compte globale des phénomènes observés, on évitera les monographies.

SUITE

jeudi 2 mai 2019

Verkehr im jahre 2000 - La locomotion en l'An 2000... Robida inspire d'autres dessinateurs, en Allemagne !

Stollwerck's Sammel Album n°1...

Certainement le premier album collecteur d'images abordant le thème de la science-fiction, l'Album n°1 du chocolatier allemand Stollwerck de 1897 nous propose en dernière page 6 belles vignettes en couleur. Sur chacune d'elles, sont représentés des moyens de transport du futur aussi divers que variés :
  • un train pendulaire (qui nous fait penser à celui - certainement déjà en projet car présenté à l'Exposition de 1900 - puis installé à Wuppertal en Allemagne où il continue de fonctionner).
  • des taxis électriques et leurs stations de recharge.
  • un tour du monde en ballon dirigeable.
  • un sanatorium volant.
  • une police volante et ailée.
  • un train hôtel.

Même si ces vignettes ont été réalisées par un illustre inconnu (de nous), il ne vous aura certainement pas échappé que plusieurs d'entre elles s'inspirent de dessins d'Albert Robida, illustrant l'article d'Octave Uzanne, La Locomotion Future, paru dans le Monde Moderne en 1895 !

Jugez-en par vous même, ci-dessous, les vignettes de l'album et les dessins d'Albert Robida ayant servi d'inspiration :


Ci-dessus, la fameuse illustration d'Albert Robida, mettant en œuvre les Taxis de la Compagnie électrique avec à l'arrière plan, une station électrique pour recharger ces engins de locomotion (La Locomotion future, page 107). Si on regarde la vignette couleur, l'inspiration est plus que flagrante, c'est presque un hommage tant la ressemblance est là... le Taxi en devient même "1ère Klasse" !!

Ici encore, la ressemblance est évidente, jusqu'aux inscriptions sur les flancs du wagon-hôtel, avec quelques traductions. Bedrooms devient Schlafsalons et Cook's Palace Hotel se transforme en Bier-Restaurant. En revanche, la vignette s'est enrichie d'une foule de détails qui finissent plutôt bien l'illustration ! (La Locomotion Future, page 110).


Sur la vignette ci-dessus, on note une forme de ballon légèrement différente. De même, les villes reliées ne sont plus les mêmes. Le Londres-Paris-Marseille devient le presque logiquement Berlin-Melbourne. La nacelle, quant à elle, est identique et encore une fois, les inscriptions sont reprises et traduites, la Salle à manger devient la Speisesaal, et bien sûr, l'environnement s'est aussi beaucoup enrichi (La Locomotion Future, page 112).

Bien sûr, cet illustrateur allemand n'a certainement pas été le seul à s'inspirer de l’œuvre d'Albert Robida, au même titre que Robida s'est certainement inspiré parfois d'illustrations de confrères... un échange de bons procédés !



Nous remercions chaleureusement Marc Madouraud qui nous a communiqué les éléments de cet album Stollwerck allemand.

jeudi 8 novembre 2018

Les Engins futuristes de Robida... au Musée de La Grenouillère à Croissy

A quelques jours à peine de l'ouverture de l'exposition Albert Robida qui se tiendra du 11 novembre 2018 au 28 avril 2019 au Musée de la Grenouillère, il est temps de poursuivre la présentation des maquettes inspirées par l'oeuvre d'anticipation de notre auteur préféré.

Comme vous le savez maintenant, ces maquettes ont été modélisées en 3d, puis imprimées pièce par pièce sur une imprimante 3D de type FDM (dépôt de fil fondu), en PLA, un BIO-plastique issu de l'amidon de maïs.

La dernière fois, nous avions parlé de la Loco Forteresse et du Ballon Canons, qu'on retrouvait dessinés sur la couverture du n°200 de La Caricature d'octobre 1883 ( https://albert-robida.blogspot.com/2018/09/des-maquettes-en-3d-lexposition-albert.html ). Restons sur la même date et ouvrons les pages de ce journal... A l'intérieur, se trouve un magnifique triptyque d'un format plutôt impressionnant : 108 x 38 cm ! Excusez du peu !!
Les dessins illustrent toujours le Roman Graphique de Robida : La Guerre au XXs Siècle.

Triptyque 108x35 - La Guerre au Vingtième Siècle par A. Robida - La Caricature n°200 - 27 octobre 1883.

Un des engins représentés dans cette planche a servi d'inspiration plutôt précise à l'engin suivant, que j'ai nommé le Multi Canons... tout simplement parce qu'il possède une batterie de canons rotatifs, au nombre de 24 !

Ce nouvel engin de destruction a été modélisé et imprimé à la même échelle que les deux précédents modèles. Les couleurs d'impression restent les mêmes, au nombre de quatre. Gris métal pour les parties sensées être blindées. Les canons rotatifs sont en noir, ainsi que la cabine ! Les affûts de côté sont couleur bronze, au même titre que le châssis et les roues de train. Les tirs des canons ont été matérialisés en rouge.

Voici ci-dessous quelques illustrations complémentaires montrant ce Multi Canons assemblé, prêt à être exposé à Croissy-sur-Seine.




Et surtout n'oubliez pas !!!

Exposition au Musée de La Grenouillère
du 11 novembre 2018 au 28 avril 2019

12, Grande Rue, 78290 Coissy-sur-Seine – Mercredi et dimanche 14h30 à 18h00

www.grenouillere-museum.com

vendredi 21 septembre 2018

Des maquettes en 3D, à l'exposition Albert Robida 2018… au Musée de la Grenouillère !



Comme vous le savez tous maintenant - depuis le temps qu'on en parle - à partir du 11 novembre prochain commence l'exposition Robida "tant attendue" au Musée de la Grenouillère à Croissy-sur-Seine. Au milieu de toutes les œuvres du maître qui y sont exposées, on trouvera de nombreuses maquettes inspirées des engins d'anticipation qu'il a pu imaginer dans ses romans illustrés.
J'ai commencé les descriptions par l'Aérostat Cuirassé, de 1869, issu de l'album inédit " La Guerre au vingtième siècle, la Campagne de Jujubie" (https://albert-robida.blogspot.com/2018/07/des-maquettes-en-3d-lexposition-albert.html)... je vais poursuivre de manière chronologique en vous transportant en 1883 !

Tous ceux qui s'intéressent un tant soit peu  à l'œuvre d'anticipation de Robida connaissent la fameuse couverture du numéro 200 de La Caricature du 27 octobre 1883. Titrée "La guerre au vingtième siècle", et légendée "La guerre de Railway", l'illustration représente l'affrontement d'engins blindés, volants et roulants...

Les locomotives-forteresses blindées des Australiens, lancées avec toute la vitesse que les capitaines-ingénieurs ont pu obtenir de leurs propulseurs électriques, ont surpris et bousculé les premiers blockhaus roulants rencontrés après la frontière, et, soutenues par une division aérienne, se sont emparées des lignes, malgré les efforts désespérés d'une division de railway mozambiquoise et de quelques ballonnets blindés.

Voilà comme Robida commente cette scène de guerre, du futur. Comme je le disais précédemment, cette illustration est très représentative des illustrations de la guerre du futur par Albert Robida, et on ne pouvait passer à côté des engins qui y sont représentés.
Deux des machines de guerre de cette illustrations ont donc été interprétées en volume, par Laurent ANTOINE LeMog, en vue de leur impression en 3D.

La première, c'est celle qui est au centre de l'image, la Loco-Forteresse, blindée, on la découvre puissament armée. Voilà ci-dessous le résultat de cette interprétation, que nous avons voulu la plus fidèle possible par rapport à son modèle de 1883 en 2D !


Comme pour le précédent modèle, cette maquette, préalablement modélisée en 3d, a été imprimée en plusieurs morceaux sur une imprimante 3d qui utilise le procédé de FDM (dépôt de fil fondu), et le matériau utilisé est le PLA... un plastique BIO !

Cette maquette mesure une trentaine de centimètres de longueur... les différentes pièces qui la composent ont demandé 40h d'impression... cela peut sembler long, mais une fois lancée, on ne reste pas devant la machine à attendre que ça se passe. Les seules interventions sont le "lancement" en impression de nouvelles pièces, et bien sûr, le remplacement des bobines de PLA en fonction des couleurs utilisées. Ici, quatre bobines auront été nécessaires : NOIR, pour le château et les canons, ROUGE pour figurer les tirs de canons, BRONZE pour le châssis (non visible sur la photo), GRIS métallisé pour la coque de l'engin.

A noter que cet engin a servi à valider le concept en amont du projet d'exposition, à une échelle moindre. Ci-dessous, posées à l'intérieur d'une des imprimantes 3d, les pièces de la Loco-Forteresse pour l'exposition, et devant la machine, la Loco-Forteresse préliminaire, plus petite.


Découvrons maintenant le second engin recréé à partir de cette couverture de La Caricature, il s'agit cette-fois d'une machine volante : Le Ballon Canon (ou ballonnet blindé !)
Cet engin a été traité et interprété dans le même style que le précédent bien sûr, et à une échelle similaire. De fait, on arrive à un ballon de près de 35cm de longueur.
Bien sûr, on peut être étonné par l'aspect qu'à donné Robida à ce ballon, qui ressemble plus à un poisson qu'à un dirigeable de Santos-Dumont ! Mais Robida aime à écorcher ce futur et les évolutions techniques galopantes... et les dirigeables en prennent pour leur grade, et deviennent de véritables poissons volants, mais blindés !


Ce modèle-là, à la cabine plus frêle, n'aura demandé que 22h d'impression... mais nous verrons que pour d'autres modèles qui vont suivre, ce chiffre augmente énormément.
Ci-dessous, les différentes pièces qui ont constitué ce Ballon Canon :


Et pour terminer, pour le plaisir, une dernière image avec ces deux engins, réunis.


Pour rappel :
Exposition au Musée de La Grenouillère
du 11 novembre 2018 au 28 avril 2019

12, Grande Rue, 78290 Coissy-sur-Seine – Mercredi et dimanche 14h30 à 18h00

www.grenouillere-museum.com

mercredi 21 septembre 2016

Dessin original aquarellé d'Albert Robida... Anticipation !

Encore une bien sympathique découverte sur le site d'enchères en ligne Ebay, que ce dessin original en couleur accompagnant un exemplaire du Voyage de fiançailles au XXe siècle !

A déguster sans modération !

http://www.ebay.fr/itm/391557448408?_trksid=p205511

L'ouvrage ayant été édité en 1892, on peut donc supposer que ce dessin aquarellé l'accompagnant est de la même époque.

mardi 16 février 2016

Robida en couverture de "La Machine s'arrête" de E. M. Forster, aux Editions "le pas de côté"

La Machine s’arrête – Edgar Morgan Forster (1871-1970) Ecrivain britannique.
La couverture ci-dessous reprend (sans les couleurs originales) la première page de La Caricature du 19 juin 1886 : "L'Embellissement de Paris par le Métropolitain".
(cliquer sur la couverture pour aller sur le site de l'éditeur) 

http://www.lepasdecote.fr/?p=787

L’homme est la mesure.

Voici une nouvelle exceptionnelle. Parue en 1909, La Machine s’arrête annonce avec un siècle d’avance notre monde hyper-connecté, où les individus de plus en plus sédentaires communiquent avec des amis virtuels par l’intermédiaire d’écrans. E. M. Forster décrit une société à la merci d’une gigantesque infrastructure technique. Les hommes atomisés vivent reclus dans des chambres souterraines. Tous leurs besoins – alimentation, divertissement, transport, jusqu’aux relations sociales – sont pris en charge par la Machine. Réduits à l’état d’embryons sous perfusion, les corps deviennent obsolètes, les muscles et les sens s’atrophient. Seuls quelques rebelles insatisfaits d’une vie hors sol osent se défaire de l’emprise de cette machinerie pour vivre au contact de la nature, en dehors des pièces climatisées, et goûter à des relations directes entre êtres de chair. Mais quand la Machine se détraque, les nourrissons habitués à tout recevoir se retrouvent pris au dépourvu.
  • « La Machine nous nourrit, nous habille et nous loge ; grâce à elle nous parlons les uns avec les autres, grâce à elle nous nous voyons les uns les autres, en elle se trouve notre être. La Machine est omnipotente, éternelle ; bénie soit la Machine. »
  • « L’Humanité, dans son désir de confort, avait dépassé ses limites. Elle avait beaucoup trop exploité les richesses de la nature. Avec calme et complaisance, elle sombrait dans la décadence, et le progrès avait fini par signifier le progrès de la Machine. »
E. M. Forster (1879-1970) est un écrivain britannique, auteur de nouvelles, d’essais et de romans dont les plus connus sont Howards End et La Route des Indes. La Machine s’arrête, dystopie qui a influencé George Orwell, est très connue dans les pays anglophones, notamment pour avoir anticipé les conséquences de l’envahissement d’Internet, Facebook, Skype et autres prothèses numériques.
  • Postface de Philippe Gruca et François Jarrige : « Ce texte constitue un témoignage de premier ordre de la conscience passée des risques et des menaces accompagnant le déploiement de l’industrialisation et de son appareillage technologique. »
Traduit de l’anglais par Laurie Duhamel (Titre original : The Machine Stops, 1909).

Pages : 112
Format : 9 cm x 14,5 cm
Prix : 6 €
ISBN : 979-10-92605-05-1

http://www.lepasdecote.fr/?p=787

jeudi 30 octobre 2014

Robida et la Guerre du Futur... dès 1869 !

Dans le numéro 78 de Paris-Caprice, en date du 5 juin 1869, soit 14 ans avant son premier ouvrage d'anticipation, Albert Robida nous fait part de ses visions de la guerre du futur, sur une illustration pleine page, intitulée :
Dictionnaire des Connaissances Inutiles (l'Art de la Guerre)

Cette page commence avec un premier dessin, qui n'est pas capital, mais permet de camper le décor et de remettre les choses à leurs places... historiquement parlant, ou presque !

Son passé - Acier de Tolède et fer battu. - Cass'rrroles à rrrétamer ! (à lire avec l'accent)


Suivi de l'illustration principale, occupant les trois quarts de la page, qui elle, mérite tout notre intérêt, puisque nous offrant cette première vision de ce que pourrait être une guerre du future, où déjà, apparaissent bien marqués, quelques codes Robidiens... qui n'auront, on l'imagine, aucun mal à croître et embellir.
Preuve à l'appui, puisqu'il prétend s'être inspiré d'un tableau du futur... de 1925 ! soit dans 66 années !

Et son avenir - D'après un tableau d'Anatole Vernet, qui obtiendra la médaille d'honneur au Salon de 1925.



...L'instant était favorable : le général ***, qui venait d'avoir trois vélocipèdes tués sous lui, lança ses colonnes d'attaque, les 3e et 4e brigades d'aérostats cuirassés. En même temps les lanciers et les cuirassiers, lâchant leurs vélocipèdes à toute bride, escaladèrent, comme à la Moskowa, les premiers retranchements de l'ennemi !...

On remarque tout de suite les aérostats cuirassés. Il faut penser qu'en 1869, nous sommes en pleine période "ballon" !
Deux années auparavant, à l'Exposition de 1867, que Robida connaît bien, Henri Giffard présente un ballon à hydrogène actionné par un treuil à vapeur, et cette même année 1869, le même Giffard construit à Londres, un ballon captif à vapeur de 12 000m3 !
Sans parler de ces vélocipèdes qui connaissent un essor considérable depuis l'invention de la pédale en 1861... mais bien sûr, de là à partir en guerre avec !!! il n'y a qu'un pas, vite franchi grâce à l'imagination débordante de notre dessinateur préféré, puisqu'il y adjoint les premières mitrailleuses. En plein développement depuis quelques années, ces premiers modèles français sont appelés "canon à balles" ou "mitrailleuse Reffye" (du nom du général Verchère de Reffye, officier responsable de sa fabrication aux ateliers de Tarbes et de Meudon).

Ci-dessous, l'aérostat d'Henri Giffard, à Londres, en mai 1869, soit un mois avant la parution de l'article d'Albert Robida dans Paris-Caprice :


mercredi 11 septembre 2013

Robida et l’anticipation - Appel à communications

Robida et l’anticipation

Appel à communications pour une journée d’études à Lyon
le 19 juin 2014


Souvent réduite, suivant un principe téléologique, à une sorte de science-fiction archaïque, l’œuvre d’Albert Robida gagne au contraire à être appréhendée dans le contexte littéraire et culturel de son époque. Certes, lorsqu’il évoque Le Vingtième siècle, La Guerre au xxe siècle, La Vie électrique ou Un voyage de fiançailles au xxe siècle, c’est bien un imaginaire tourné vers la société du futur que Robida offre aux lecteurs des années 1880-1890. Mais son discours d’anticipation s’enracine dans les logiques de la presse satirique contemporaine, exagérant les travers de son époque en les caricaturant par l’extrapolation temporelle. Le style littéraire comme l’art graphique de Robida s’inscrivent ainsi dans une tradition qui engage des modes de lecture (ceux de la petite presse et de la satire) familiers au lectorat de la fin du xixe siècle, ce qui produit une appréhension des textes tout à fait différente de celle des lecteurs actuels.

Cette journée d’étude se propose de reconsidérer l’ensemble de la production d’anticipation de Robida, aussi bien les volumes de la Librairie Illustrée que les fictions pour la jeunesse, les ouvrages créés seuls ou en collaboration (comme La Guerre infernale avec Pierre Giffard), les publication en volumes ou les articles publiés dans la presse (en particulier dans La Caricature fondée par Robida en 1880), les récits illustrés et une incursion dans le genre théâtral avec une pièce d’ombres pour Le Chat noir.

Au sein de ce vaste archipel d’œuvres d’anticipation, un sous-ensemble doté d’une cohérence fictionnelle spécifique se dessine, avec des romans mettant en scène des personnages reparaissants dans les années 1950, autour de la famille Ponto (qu’on rencontre dans Le Vingtième siècle, La Vie électrique, Un voyage de fiançailles au xxe siècle et dont les ancêtres ont également été représentés dans Le Dix-neuvième siècle). Le Vingtième siècle occupe indéniablement une place centrale dans l’œuvre d’anticipation de Robida. Le roman est connu pour sa fantaisie imaginative, régulièrement cité pour ses inventions étonnantes comme le téléphonoscope, son tableau de la circulation aérienne dans Paris, ou pour sa représentation de l’émancipation féminine dans la société future. Cependant, au-delà de ces quelques traits spectaculaires, il a finalement été relativement peu été étudié pour lui-même, et mériterait une analyse détaillée, qui le ressaisirait dans son contexte culturel et médiatique de production. De façon plus générale, on souhaiterait mettre en valeur, dans l’ensemble de ces œuvres, à la fois la dimension graphique de l’anticipation selon Robida et son travail d’écrivain, qui a été jusqu’ici rarement abordé en tant que tel, dans sa dimension stylistique et poétique, et dans son dialogue avec la culture médiatique contemporaine. On sera notamment sensible à la place du registre comique chez Robida, et au lien original qu’il construit entre humour et écriture d’anticipation. On pourra également mettre en évidence l’hybridité générique à l’œuvre dans les romans d’anticipation, et l’imbrication des multiples modèles mobilisés – littérature panoramique, roman de formation, dystopie, satire, roman d’aventures, etc. Un des enjeux de l’analyse de ces différents textes d’anticipation sera d’aborder l’œuvre de Robida non comme un cas isolé, mais de réévaluer sa place dans l’histoire littéraire en soulignant les échos avec les romans d’aventures scientifiques et la vaste littérature d’anticipation qui se développe au tournant du xixe siècle, sur une multitude de supports.

Les propositions de communication pourront s’intégrer dans les axes suivants :

1. Une écriture de l’anticipation : les genres romanesques et l’humour de Robida

- On pourra s’intéresser aux multiples « genres de l’anticipation » abordés par Robida (et à la pertinence de ces catégories génériques). Les « guerres de demain » constituent-elles un sous-genre spécifique ? Quelle relation l’œuvre entretient-elle avec les traditions de la dystopie et de la contre-utopie ? On verra comment Robida investit le récit illustré pour la jeunesse, en y introduisant sa culture satirique et en permettant ainsi une lecture des textes à plusieurs niveaux.

- On s’attachera également aux relations d’Albert Robida avec le genre du roman d’aventures scientifiques, et plus particulièrement à son dialogue parodique avec l’œuvre de Jules Verne.

- Dans le cadre d’une réflexion sur la poétique du roman d’anticipation selon Robida, on pourra notamment analyser les structures narratives, le travail sur le personnage et le recours aux types, ainsi que la transformation de l’écriture descriptive en raison de la dynamique spécifique texte/image.

- Pour mettre en évidence les multiples ressources de l’humour mobilisé par Robida dans ses récits d’anticipation, on pourra étudier l’usage de la satire, des allusions contemporaines et des procédés d’exagération propres à la caricature, le recours à un comique de situation, ainsi que le travail de l’ironie et plus particulièrement les effets de décalage entre texte et image.

- On s’intéressera également à des récits limites, qui questionnent la nature de l’anticipation : les Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul dans les cinq ou six parties du monde et dans tous les pays connus et même inconnus de M. Jules Verne ou la série de « La Boîte aux lettres » (correspondance fictive publiée dans Le Petit Français illustré entre 1896 et 1901 par Robida, Christophe et Henriot) pourraient ainsi redéfinir les frontières de l’anticipation et de l’imagination scientifique.

2. Robida et la « civilisation du journal »

L’œuvre de Robida a été modelée par le double statut de son auteur : il a investi le champ du livre illustré, mais c’est aussi avant tout un homme de presse, dévoilant semaine après semaine une critique en images de la vie culturelle parisienne. Au moment où il publie ses premières œuvres d’anticipation, dans les années 1880, il collabore à de nombreux hebdomadaires, comme Le Journal amusant, La Vie parisienne ou Paris-caprice, et pendant plus de dix ans, il dirige son propre hebdomadaire, La Caricature.

- On pourra donc analyser l’inscription des productions d’anticipation dans la civilisation du journal, et leur relation à la culture de la petite presse et de la presse satirique. On verra l’influence du support sur l’écriture des romans, l’allusion aux événements de l’actualité médiatique témoignant d’une culture du clin d’œil et de la connivence avec le lecteur. Au-delà de ces références, on pourra dégager la proximité entre ces textes et le modèle esthétique que constitue la caricature d’actualité.

- Parallèlement à la presse satirique, un autre champ médiatique interagit avec la production d’anticipation de Robida : celui de la presse de vulgarisation. On examinera alors le dialogue et les éventuelles contradictions entre la fiction d’anticipation et support scientifique. La Vie électrique est ainsi parue dans La Science illustrée, revue de vulgarisation dirigée par Louis Figuier, qui y célébrait par ailleurs les merveilles de l’électricité.

- De façon plus générale, on pourra considérer les effets de la variété des supports de publication sur la nature des discours d’anticipation proposés et sur leur évolution. On retracera ainsi l’histoire de la genèse des œuvres (conditions éditoriales de production, transformations en fonction des supports et des publics). En examinant la diversité des supports, des destinataires, et des formats (romans, pièce de théâtre, articles de presse ou récits en volumes, œuvres pour adultes ou pour la jeunesse, œuvres écrites seul ou en collaboration), on pourra s’interroger sur les effets d’hétérogénéité autant que sur l’unité de l’œuvre.

- Symétriquement à cette imprégnation de la culture médiatique déterminant la production des œuvres d’anticipation, on explorera la réception de ces romans dans la presse d’époque, pour déterminer comment la civilisation du journal se ressaisit, en retour, de cette œuvre produite en son sein.

3. L’anticipation en images : une empreinte visuelle durable

- Le dynamisme propre de l’œuvre de Robida repose sur l’interaction originale construite entre texte et image, et l’élaboration d’un univers visuel d’une richesse remarquable, cohérent d’un roman à l’autre. On pourra examiner les mécanismes narratifs mobilisés pour l’illustration, les effets de convergence, d’expansion, de commentaire ou de contradiction entre la matière textuelle et sa transposition en image.

- Quelles influences esthétiques s’exercent sur la création graphique de Robida ? En dehors de la presse satirique, quel dialogue s’institue avec les autres artistes de presse de l’époque, ainsi qu’avec les illustrateurs de littérature de jeunesse ? On pourra également s’interroger sur l’influence de différents univers visuels, comme celui de la réclame et de l’image publicitaire, ou celui de l’illustration scientifique.

- Quelle place Robida occupe-t-il dans l’histoire de l’illustration ? Se situant après la génération des illustrateurs romantiques tels Gustave Doré, Daumier, Bertall ou Cham, il ouvre la voie à nouvelle génération d’illustrateurs comme Forain, Willette ou Caran d’Ache. Peut-on définir une spécificité de son œuvre d’anticipation, sur un plan graphique, par rapport au reste de sa production ?

- On pourra enfin analyser la postérité visuelle de Robida, dans le domaine de l’anticipation scientifique. Ses images de villes futuristes notamment, sillonnées de dirigeables, ont durablement marqué les représentations, servant de matrice imaginaire à nombre de fictions futuristes du vingtième siècle, et elles se sont vues réactivées récemment par le courant de science-fiction dénommé steampunk.

4. La société du futur

- C’est sous cet angle que l’œuvre de Robida a été le plus souvent abordée. Mais au-delà d’un répertoire des domaines de la société future affectés par l’anticipation – relations sociales (notamment le travail des femmes), transports, loisirs, moyens de communication, urbanisme – il importera de restituer la complexité du positionnement idéologique de son auteur. Le discours de Robida sur la modernité, s’il se déploie souvent dans un registre satirique, échappe néanmoins à l’univocité. A la lumière de ses fictions d’anticipation, on pourra dessiner l’itinéraire politique de Robida. On pourra également analyser les enjeux idéologiques de sa représentation des sciences et des techniques.

- On constate souvent dans les fictions d’anticipation de Robida une répartition du personnel romanesque en deux groupes, qui permet de rejouer sur un plan symbolique la guerre des sciences et des lettres. On pourra interpréter la répétition de cette structure duelle, qui se voit souvent redoublée d’une autre bipartition, sur un plan spatial. Il importera en effet d’analyser la fréquente scission entre différents espaces correspondant à des temporalités parallèles : d’une part le monde du futur, et d’autre part des espaces protégés, conçus comme des conservatoires des mœurs du passé, comme la réserve d’Armorique.

- Les romans d’anticipation sont par ailleurs le lieu d’une réflexion sur le devenir de l’art, où l’on peut deviner la transposition de cibles contemporaines et notamment l’écho des polémiques des années 1880 autour du naturalisme. Au-delà de sa dimension métatextuelle, on pourra développer cette réflexion esthétique, portant sur la littérature, mais aussi les arts du spectacle, la peinture et la musique.

Bibliographie sélective d’œuvres d’anticipation d’Albert Robida

1869La Guerre au XXe siècle – campagne de Jujubie. Album inédit

1883 - Le Vingtième Siècle, Paris, Georges Decaux

1883 - Le Vingtième Siècle, Paris, Dentu

1883 – « La Guerre au vingtième siècle », La Caricature, n° 200, 27 octobre 1883

1887 La Guerre au Vingtième Siècle, Paris, Georges Decaux

1889La Nuit des Temps ou l’élixir de rajeunissement, Pièce d’ombres pour le cabaret du Chat Noir. Livret, Imprimerie Charles Blot

1891-1892 - La Vie électrique, Paris, Librairie illustrée, publication dans La Science illustrée n° 209 du 28 novembre 1891 au n° 244 du 30 juillet 1892

1892Jadis chez Aujourd’hui, Paris, Armand Colin, publié en pré-originale par Le Petit Français iIlustré du n°63 du 10 mai 1890 au n° 68 14 juin 1890

1892 - Un Voyage de fiançailles au vingtième siècle, Paris, Louis Conquet

1895 – « La Fin des Livres » in Contes pour les bibliophiles, textes d’Octave Uzanne, Paris, Albert Quantin

1902L’Horloge des Siècles, Paris, Juven publié en pré-originale dans La Vie illustrée du n° 160 du 8 novembre 1901 au n° 182 du 11 avril 1902

1908 - La Guerre Infernale, texte de Pierre Giffard, Paris, Méricant

1917 – « Un Potache en 1950 » publié dans Mon Journal du n° 36 du 8 septembre 1917 au n° 51 du 22 décembre 1917

1919-1920 – « En 1965, roman prophétique » publié dans Les Annales du n° 1896 du 26 octobre 1919 au n° 1908 du 18 janvier 1920

1919L’Ingénieur Von Satanas, Paris, Renaissance du Livre

1925Un Chalet dans les Airs, Paris, Armand Colin

Les propositions de communication (environ 1000 mots) sont à envoyer, accompagnées d’une présentation bio-bibliographique, à Claire Barel-Moisan (claire.barel-moisan@ens-lyon.fr) et à Matthieu Letourneux (mletourneux@free.fr) avant le 31 octobre 2013.

Source : http://www.flsh.unilim.fr/lpcm/2013/09/appel-robida-et-l%E2%80%99anticipation/

jeudi 16 mai 2013