jeudi 6 septembre 2018

Des nouvelles de la prochaine exposition Albert Robida, à La Grenouillère - Croissy-sur-Seine

Chers amis,
Cela fait déjà quelques semaines que nous vous parlons de la prochaine Exposition Albert Robida à Croissy-sur-Seine, qui se déroulera du 11 novembre 2018 à fin avril 2019.

 Science-fiction hier, réalité aujourd'hui
Albert Robida
1848-1926


Histoire de vous tenir informé, sachez que le projet avance plutôt bien… les œuvres ont été sélectionnées, la quasi-totalité des maquettes inspirées des œuvres d’anticipation d’Albert Robida ont été livrées, et le film d’animation parcourant les différents thèmes de l’œuvre de Robida est en court de finition. Deux autres films seront également présentés, le premier est une rapide biographie de l’artiste, le second présente la Station Centrale des Aéronefs de Notre-Dame, ce célèbre dessin d’anticipation (extrait de l’ouvrage le XXe siècle) prend vie en images de synthèses 3D.

Vous trouverez ci-dessous l’affiche définitive de l’événement… qui approche !



Musée de La Grenouillère

12, Grande Rue, 78290 Coissy-sur-Seine – Mercredi et dimanche 14h30 à 18h00

www.grenouillere-museum.com

samedi 1 septembre 2018

Les Assiégés de Compiègne... un ouvrage exceptionnel en vente à la Librairie Jean-Etienne Huret, Paris

Albert Robida, Les Assiégés de Compiègne, 1430
Exemplaire in-folio comprenant tous les dessins originaux

Pièce unique : Exemplaire du "monstre" de ce livre : comprenant d'une part l'intégralité des dessins à l'encre ayant servi pour l'ouvrage : ceux de la couverture, de la page de titre, le titre dessiné, 4 hors-texte, 113 dessins in-texte ainsi que 3 non retenus ; d'autre part toutes les pages du livre contrecollées sur des feuilles de format in-folio montées sur onglets. Le tout dans une reliure vélin aquarellée sur les deux plats et le dos (au premier plat, Jeanne d'Arc chevauchant, guidée par l'ange des batailles ; au second plat, le pont de Compiègne, au dos un soldat).

Premier, second plat et dos en vélin décorés d’aquarelles originales de Robida.



Cet ouvrage revêt un caractère particulier lorsque l’on sait que Robida est né à Compiègne (1848-1926) et qu’il est très sensible à l’histoire médiévale, qu’il n’a cessé de représenter et d’illustrer tout au long de son oeuvre et de sa carrière, culminant avec la reconstitution du Vieux Paris au bord de la Seine pour l’Exposition universelle 1900. Ce livre est le récit de la dernière bataille de Jeanne d’Arc, où celleci fut faite prisonnière devant Compiègne. L’auteur explique : « La rapide et merveilleuse carrière de Jeanne d’Arc est un rayon de soleil au milieu des plus terribles malheurs de la France ; la catastrophe du siège de Compiègne, en 1430, la termina comme par un coup de foudre. Chef d’armée à dix-huit ans, la bergère de Domrémy, conduisant à la victoire de rudes soldats, des chevaliers et des princes, accourait avec trois ou quatre cents hommes au secours de Compiègne assiégé par les Anglais et défendu par Guillaume de Flavy. Le jour même de son arrivée, sa troupe, à peine reposée, attaqua vigoureusement le camp des assiégeants, mais ceux-ci battus d’abord, survinrent en grandes masses et refoulèrent la sortie jusqu’au gros rempart établi à la tête du pont de Compiègne. Alors, soit par suite d’une panique des assiégés, craignant de voir les Anglais pénétrer dans la place pêle-mêle avec les derniers combattants de la sortie, soit par trahison, au moment où Jeanne, qui combattait à l’extrême arrière-garde, allait rentrer en ville, le pont-levis se releva, la laissant se débattre à grands coups d’épée parmi la foule des assaillants. Précipitée à bas de son cheval, elle fut faite prisonnière ainsi que son frère Pierre d’Arc et Xaintrailles, et son long martyre commença qui devait finir au bûcher de Rouen. Depuis cette époque, le souvenir du drame plane sur les rives de l’Oise, où le vieux pont de Compiègne vit passer Jeanne marchant à l’ennemi pour la dernière fois, et le soupçon de la trahison pèse sur le gouverneur de Compiègne, Guillaume de Flavy. Et pourtant ce gouverneur, après la prise de Jeanne d’Arc, repoussa toutes les tentatives de corruption et continua à lutter courageusement sur ses remparts ; il défendit pendant six mois contre toutes les attaques la ville confiée à sa garde, jusqu’au jour où une nouvelle troupe de secours étant survenue, il put avec son concours, en jetant la garnison et les gens de Compiègne sur les bastilles ennemies, emporter tous les retranchements et forcer les Anglais à lever le siège. Un frère de Flavy périt pendant le siège et lui-même ne se ménagea pas. Si le pont se releva devant Jeanne, ce ne fut certainement pas sur un ordre de Flavy, personne ne l’en accusa alors ; il est permis de penser que le crime fut le fait de quelque traître introduit parmi les défenseurs de la porte, et nous pouvons, sur le grand drame historique, aux détails demeurés inconnus, supposer ou imaginer telles circonstances et telles explications. Le vieux pont n’existe plus, on le connait cependant par quelques plans et par un dessin datant du règne de Louis XIII, alors que ses défenses extérieures se dressaient encore à peu près intactes à l’endroit où Jeanne fut prise. » En mai 1909, la ville de Compiègne organisa des fêtes en l’honneur de Jeanne d’Arc, et Robida illustra la plaquette commémorative. En 1919, Robida consacra un album à la ville que la famille de l’artiste avait été contrainte d’évacuer, au début de la guerre, Autour de Compiègne en août 1914.

Premier plat décoré d’une aquarelle originale de Robida.

 Second plat décoré d’une aquarelle originale de Robida.

ROBIDA (Albert). Les Assiégés de Compiègne, 1430. P., H. Laurens, collection « Plume et crayon » [1905], in-folio sous étui, vélin aquarellé par l’auteur, 45 ff. de dessins originaux, à-plat de couv. et (4)-132 pp. entièrement montés sur onglets. (CN18) (9354631)


http://www.librairie-huret.fr/

Librairie Jean-Etienne Huret, 9 rue de la Pompe, 75116 PARIS

vendredi 10 août 2018

Rétrofictions, par Guy Costes et Joseph Altairac - Septembre 2018 !

A paraître fin septembre 2018 :

par Guy Costes et Joseph Altairac

Rétrofictions

Encyclopédie de la Conjecture Romanesque Rationnelle Francophone



Auteurs du monumental essai bibliographique Les Terres creuses (2006) consacré aux mondes souterrains imaginaires, Guy Costes et Joseph Altairac explorent cette fois, avec Rétrofictions, les domaines de l'utopie, des voyages extraordinaires, du merveilleux scientifique et de la science-fiction ancienne, en reprenant à leur compte le concept unificateur de « conjecture romanesque rationnelle » théorisé par l'encyclopédiste Pierre Versins.

Cette entreprise ne constitue cependant pas une simple mise à jour de sa célèbre Encyclopédie de l'utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction (1972) : en effet, Rétrofictions concerne exclusivement les productions francophones, mais recensées dans une perspective d'exhaustivité, à partir de 1532, date de publication du Pantagruel de Rabelais, jusqu'à la création en 1951 du « Rayon Fantastique » et d’ « Anticipation », premières collections françaises de science-fiction.

L’ouvrage propose près de 5000 entrées onomastiques consacrées aux auteurs de 11 000 occurrences dans des genres et sur des supports les plus divers (littérature, poésie, théâtre, bande dessinée, illustration, cinéma, radiodiffusion, carte postale, assiette ornée, etc.), œuvres dont l’appartenance à la conjecture rationnelle se trouve à chaque fois justifiée par un extrait ou un descriptif, accompagné de données bibliographiques précises. La reproduction de plus de 1000 documents iconographiques témoigne de l'importance accordée par les auteurs à l’illustration au sens large.

Enfin, un imposant index thématique achève de faire de Rétrofictions un ouvrage de référence et un outil indispensable aussi bien à l'amateur et au collectionneur qu'au chercheur travaillant sur l'histoire et l'évolution de la science-fiction francophone sous toutes ses formes.

Préface de Gérard Klein.
Illustration de couverture de Jeam Tag.



Deux tomes d'environ 1200 pages chacun, sous coffret !
Editeur : Les Belles Lettres 


Nous avons bien sûr hâte de découvrir à l'intérieur de ce fabuleux ouvrage tout ce qui concerne Albert Robida, mais déjà, nous pouvons remercier l'illustrateur de la couverture, Jeam Tag, qui nous offre sa vision à peine revisitée de la station d'aérocabs de la Tour Saint-Jacques (Le XXe siècle, 1883), parfaitement intégrée aux autres illustrations. En reconnaît aussi, entre autres, à gauche des tours de St-Jacques, les robots agricoles d'Ignis de Didier de Chousy (dessinés par Damblans), que nous avions publiés en couverture du Téléphonoscope numéro 22 de 2015, qui avait pour thème "L'anticipation au temps de Robida".

n°22 - L'anticipation au temps de Robida

mercredi 8 août 2018

Le Vieux Paris de Robida... dans le Transcontinental !

Voilà un titre d'article qui pourrait surprendre...

Vous connaissez bien sûr le Vieux Paris qu'Albert Robida avait reconstitué sur les berges de la Seine lors de l'Exposition universelle de 1900 à Paris.
Comme on peut l'imaginer (et le prouver), les journaux de l'époque se sont fait l'écho de l'événement à venir - l'Exposition de 1900 - et bien sûr, de ce "clou" de l'Expo que fut le Vieux Paris.

Lorsque nous avons travaillé en 2008-2009 sur le projet de restitution en images de synthèse 3D de ce Vieux Paris, nous avons eu l'honneur de consulter les archives du Musée Antoine Vivenel de Compiègne. Ces archives, sans être ni exceptionnelles ni pléthoriques, constituèrent néanmoins un bon complément à toutes les autres recherches effectuées, notamment auprès de collections privées.

Dans la masse des documents photographiés, il s'en trouve un de moindre importance que je ressort seulement maintenant. Il s'agit de la double-page d'un journal semble-t-il, car celle-ci est orpheline du restant, mais également déchirée, tâchée, bref, dans un état catastrophique.

Nous venons donc de nous décider à restaurer numériquement ce document qui présente 11 vues du Vieux Paris, lors de sa construction. Le document étant exempt de date, on peut supposer, vu l'état d'avancement des travaux du Vieux Paris, que nous sommes dans les premiers mois de 1900.

La double-page du journal... dans son jus !


Ces photos ne sont pas d'un intérêt capital, surtout pour le projet de restitution, mais cependant, elles proposent des états de construction intéressants, ainsi que des cadrages qui ne sont pas forcément courants.

Comme je le disais précédemment, point de date sur le document, ni même le nom du journal dont cette double-page est extraite ! Seul une indication en bas à droite, au crayon de mine : Le Transcontinental.
Nous avons pourtant fait le tour des parutions de ces années-là, sans jamais avoir croisé celui-là... étonnant !
Recherches faites, il s'agirait d'un journal international hebdomadaire illustré provenant de Belgique, et qui n'aurait publié que de 1899 à 1900 ! Ceci explique qu'il ne soit pas vraiment connu.

La double-page retouchée. La qualité reste bien sûr perfectible, les outrages du temps sont là, mais la piètre qualité du papier et du tirage sont loin d'améliorer l'état global du document.


Voici ci-dessous reprises séparément, chaque photo prises au Vieux Paris, avec leur légende respective, et un éventuel commentaire de notre part.

 1. L'église Saint-Julien des Ménestriers... presque totalement terminée. Au sol, ce sont les balustrades en cours de fabrication, qui seront installées au bord du Vieux Paris pour éviter aux visiteurs d'aller prendre un bain dans la Seine.
Le clocher de l'église ne devait bien apparaître sur le cliché de l'époque, il a donc été redessiné sur la photo avant impression. Les retouches photo ne datent pas d'hier !!


2.  L'Auberge des Nations, nous sommes presque à la sortie aval du Vieux Paris.
Des échafaudages sont visibles devant ce qui sera la reconstitution du Palais de la Cité.


3. La Sainte-Chapelle.
En fait, on n'en voit pas grand chose, puisqu'ici sont les décorations de l'escalier y menant.


4. Le Pont au Change et le Châtelet.
Le Châtelet se trouve en fait dans le dos du photographe. En face, on reconnait le grand corps du Palais de la Cité.

5. La Tour de l'Archevêché. 
Voilà une vue assez rare, qu'il n'a été possible de prendre que pendant les travaux. Le photographe est en dehors du Vieux Paris, sur la rampe en construction qui mène de la sortie aval du Vieux Paris, en direction de la passerelle Debilly, construite pour l'Exposition de 1900.
Cette passerelle permettait de créer un raccourci pour aller du Vieux Paris à la rive gauche en direction du Quai d'Orsay et des palais du Champ de Mars.


6. L'entrée du Vieux Paris.
On accédait au Vieux Paris par la grandiose Porte St Michel, au XIVe siècle de cette reconstitution. On constate que cette entrée est encore en construction. On imagine les guichets sur la droite, et en bas à gauche, la station des bateaux omnibus.
Derrière la porte, on découvre la silhouette de la Tour du Louvre. A y regarder de plus près, cette tour devait être "ratée" sur la photo, c'est donc une silhouette dessinée qui se trouve reproduite ici.
Dans le dos du photographe se trouve le Pont de l'Alma.


7. L'ensemble du Vieux Paris, près du Pont de l'Alma.
Tellement près du pont, que le photographe s'y est installé pour prendre la photo !


 8. La Tour du Châtelet.
Le photographe se trouve sur la passerelle de sortie des Grandes Halles du Vieux Paris
(servant de salle de spectacle à l'Expo).
La Tour du Châtelet est presque terminée, il ne manque que le gros horloge... sur la droite, on aperçoit la ruelle de la Foire St-Laurent.
Encore une fois, le clocher semble avoir été redessiné ! ou copieusement retouché !!


 9. La Maison de Molière.
En fait, la maison de Jean-Baptiste Poquelin (le pavillon des singes), n'est pas visible sur cette vue. La localisation est certes bonne, nous sommes bien dans la Rue des Vieilles Ecoles, mais nous nous trouvons devant l'escalier du Cabaret de la Pomme de Pin, qui nous cache littéralement les constructions alignées derrière.
On note que cette photo a été particulièrement retouchée et augmentée. A gauche de l'escalier, un dessin nous offre un aspect du cabaret plus qu'approximatif. A l'arrière-plan, pas de doute possible, la Tour du Louvre est bien un dessin ajouté à la photo.


 10. Le portail de l'Eglise Saint-Julien des Ménestriers.
Les travaux sont pratiquement achevés. Il ne manque que l'horloge qui trouvera sa place en partie gauche du pignon. 
Le gros tas de caillou en premier plan n'est autre qu'un tas de pavés qui seront installés au sol, sur les planchers du Vieux Paris, au trois-quarts construit sur pilotis au-dessus de la Seine.


11. Le Pilori de St-Germain-des-Près.
On note un angle peu courant sur ce cliché. Le photographe est à la sortie de la Rue des Vieilles Ecoles, qui donne sur la Place St Julien.
L'église est à gauche, le cabaret de la Pomme de Pin est à droite.
En face de nous, longeant le Pilori, le grand escalier emmène les visiteurs vers les Halles de Paris, et la grande salle de Théâtre pouvant contenir plus de 1100 spectateurs.

Ainsi s'achève cette petite visite du Vieux Paris d'Albert Robida à l'Exposition universelle de 1900 à Paris, orchestrée, une fois n'est pas coutume, par un journal en provenance de Belgique !

A bientôt.
Laurent

lundi 30 juillet 2018

Exposition Albert Robida… à partir de novembre 2018… au Musée de La Grenouillère !


Science-fiction hier, réalité aujourd’hui
Albert Robida
1848-1926
Un visionnaire à La Grenouillère

Et voilà, c’est officiel, et formalisé grâce à l’affiche annonçant la prochaine exposition sur l’œuvre d’Albert Robida, qui aura lieu du 11 novembre 2018 prochain à la fin avril 2019, au Musée de La Grenouillère à Croissy-sur-Seine !

 
Pour rappel, vous pourrez y découvrir un large panel d’agrandissements et de documents originaux illustrant l’œuvre très variée d’Albert Robida.
Afin de donner encore plus de vie à cette exposition, trois films seront présentés :
- Biographie d’Albert Robida.
- Robida, des œuvres qui s’animent.
- Le XXe siècle, la Station Centrale des Aéronefs de Notre-Dame, où ce célèbre dessin d’anticipation prend vie en images de synthèses 3D.

Toujours en 3D, mais cette fois en volume, de nombreuses maquettes seront présentes pour témoigner de l’imagination débordante d’Albert Robida, et de la justesse de ses anticipations. Ces maquettes ont été modélisées d’après les dessins de Robida par un spécialiste de la 3D, puis réalisées grâce à des imprimantes 3D à dépôt de fil fondu. Ces maquettes sont écologiques, car réalisées en PLA, un matériau plastique BIO à base d’amidon de maïs. (Nous aurons l’occasion de reparler de ces maquettes sur le Blog).

Nous vous y attendons très nombreux à partir de novembre 2018 ! le rendez-vous est pris !!

Musée de La Grenouillère

12, Grande Rue, 78290 Coissy-sur-Seine – Mercredi et dimanche 14h30 à 18h00





lundi 23 juillet 2018

Publicité illustrée par Albert Robida, dans La Vie Parisienne du 28 juin 1879

Connaissez-vous les fameux copeaux de goudron de Norwége (Norvège) du Docteur Brissaud ?

Il semble que pour beaucoup d'entre-nous, cela n'évoque rien de bien précis. Mais si on en croit cette publicité dessinée par Robida en 1879, ces copeaux de goudron seraient la panacée presque universelle... dilués dans l'eau, ils permettent la toilette intime, de rendre l'eau potable, brûlés, ils purifient l'air...

Cliquer sur l'image pour l'agrandi


Si on en croit les traités médicaux de l'époque :
Le goudron - Pix liquida " est un produit résineux qu'on obtient en brûlant les bois de pins qui ne donnent plus d'huile essentielle. C'est un mélange de résine de pin non altérée, avec de la résine colophane, des résines pyrogénées (pyrétines) combinées à l'acide acétique, de l'huile de térébenthine et des huiles pyrogénées (pyroléines et pyrostéarines).
Le goudron est brun noirâtre, mou, tenace; son odeur est forte, empyreumatique; sa saveur est âcre, désagréable.
On l'emploi en médecine, à l'extérieur comme à l'intérieur... (traité de thérapeutique, 1847)

Voilà une description un peu indigeste, mais qui nous fait comprendre que jusqu'à présent, on faisait macérer un certain temps le produit (goudron liquide) dans un pot à goudron peu esthétique et certainement peu ragoûtant (visible sur l'illustration, à côté de la belle carafe).

On note donc que le bon Docteur Brissaux propose à ses clients et patients un produit au même effet mais beaucoup plus pratique, où ce sont des copeaux de goudron que l'on met à tremper et infuser dans une carafe.

On trouve toujours aujourd'hui le Goudron de Norvège, appelé également Goudron de Pin, qui est obtenu à partir du bois et sert à l'entretien des sabots des chevaux et ânes, grâce à ses vertus asséchantes et antiseptiques.

mardi 10 juillet 2018

Des maquettes en 3D, à l'exposition Albert Robida 2018… au Musée de la Grenouillère !


Il y a quelques semaines, nous avions évoqué la prochaine grande exposition dédiée à Albert Robida et son œuvre, qui aura lieu à l’automne 2018 au Musée de la Grenouillère à Croissy-sur-Seine.


Nous avions promis de vous tenir informé des nouveautés concernant cette exposition.

En plus des nombreuses œuvres exposées, de ses dessins parus en romans ou dans la presse, des maquettes seront présentées afin de figurer en volume les anticipations d’Albert Robida, et plus particulièrement les engins futuristes qu’il a pu imaginer, à partir de 1869.
                                                          
Bien sûr, vous êtes d’ores et déjà invités à visiter l’exposition à Croissy, mais en attendant, pour vous faire patienter et que ceux qui ne pourront s’y rendre puissent également en profiter, nous avons décidé de partager avec vous ces maquettes et, également, les illustrations de Robida qui ont inspiré les reconstitutions en 3d des machines imaginées par le maître !
Vous pourrez le constater, c’est à la fois innovant et ludique, et parfois même comique. Il ne faut pas l’oublier que, même si Robida est dans de nombreux cas un visionnaire éclairé, il reste un inconditionnel des belles choses du passé. Il imagine donc l’avenir et ces machines avec amusement, et peut-être un peu de crainte. On le constate très tôt, avec des machines volantes prêtes à donner la mort… la guerre 14 lui donnera hélas bien raison !

Le choix des maquettes pour l’exposition s’est fait selon plusieurs critères. Il fallait qu’elles soient le reflet des prospectives majeures de Robida, mais aussi que la référence soit assez imagée pour être recréer en 3D… qu’elle soit esthétique avec un design parlant, et d’une échelle pratique pour une exposition.

A noter que toutes ces maquettes, ont été modélisées manuellement, et que chacune des pièces qui les composent ont été individuellement « imprimées » en 3d, puis assemblées.
La technologie employée est celle du FDM (dépôt de fil fondu). Un fil de plastique est déposé en fines couches qui se superposent au fur et à mesure de l’impression, formant au final la forme désirée.
Le matériau utilisé est respectueux de l’environnement, il s’agit du PLA (acide polylactique), un bio-plastique fabriqué à partir d’amidon de maïs !


La première maquette d’un engin imaginé par Albert Robida :
Là, on remonte aux originales de l’anticipation par Robida, puisque nous sommes en 1869. Robida est encore très jeune, il n’est à Paris que depuis moins de deux ans, et il travaille principalement comme dessinateur de presse.
On découvre ses premières anticipations dans l’album inédit : La Guerre au vingtième siècle, la Campagne de Jujubie. Forcément, l’attention de Robida se porte plus particulièrement sur les armes de destruction, comme les énormes canons, mais aussi imagine des ballons lourdement armés, à même d’assaillir l’ennemi depuis les airs !
Sans que ces engins soient totalement formalisés dans les planches reproduites, on a pu s’inspirer de plusieurs de ces dessins qui représentent des aérostats cuirassés. Cette fois-ci, le ballon n’est plus en toile, et la nacelle en osier ! Le tout est en métal riveté, et  mis-en-œuvre par une puissance machinerie à vapeur, et bien sûr, lourdement armé !

La maquette ci-dessus est une synthèse de ces premiers engins volants guerriers imaginés par Robida. Les codes sont simples et facilement identifiables, même si on peut douter qu’une telle masse métallique puisse s’élever dans les airs comme les ballons sphériques de l’époque. Il s’agit encore une fois, à n’en point douter, d’un petit clin d’œil humoristique à cette modernité technique en marche… accélérée !


La maquette se compose de 24 pièces. Pour la majeure partie de ces maquettes, les couleurs ont été interprétées, soit grâce aux illustrations de Robida, si elles existent en couleur, soit grâce au matériau avec lequel elles sont censées être réalisées.
Pas de mise en peinture dans le cas de cette maquette, 6 fils en bio-plastique de couleurs différentes ont été utilisés.

La maquette terminée mesure près de 40 cm de hauteur et 22 de large. Comme précisé un peu plus haut, toutes seont réalisées à une échelle similaire, et garnies de personnages d'un peu moins de 30 mm de haut pour donner un ordre d'idée. 
Il aura fallu 67 heures pour imprimer les 24 pièces qui composent cet aérostat cuirassé, sans compter bien sûr, le temps préalable de conception en 3d !

Vous trouverez ci-dessous, quelques unes des rares références de Robida de cette époque, permettant de voir ce genre de ballon sphérique guerrier :


De haut en bas, et de gauche à droite, on trouve ces ballons dans La Guerre au XXème siècle - Campagne de Jujubie, 1869, Saturnin Farandoul - Philéas fait sauter la Sainte-Barbe, 1879, Paris Caprice du 5 juin 1869, La Guerre au XXème siècle - Campagne de Jujubie, 1869 (publié dans La Charge du 15 mai 1870).

Comme vous pouvez le constater, toutes ces représentations peuvent comporter des petites différences entre elles, mais c'est l'esprit global des engins imaginés par Robida que nous avons tenté de traduire sous la forme de maquettes en volumes.

Nous vous tiendrons informé des dates de l'exposition à Croissy-sur-Seine, et nous espérons vous y voir très nombreux !

A bientôt, pour la présentation des autres maquettes, de manière chronologique !