mardi 6 mai 2014

Hors Barrière - Croquis Equestres - Paris Comique 1870

Robida n'a encore que 22 ans, et oeuvre déjà pour plusieurs journaux... dont Paris-Comique.
Nous sommes en juin 1870, un mois avant la déclaration de guerre, et les esprits semblent encore légers et libres comme l'air.

Dans ce numéro 21 du 11 juin 1870, Albert Robida s'intéresse à une attraction assez récente, le carrousel équestre. On ne sait pas s'il approuve cet amusement somme toute assez aristocratique - pour le moment - et qui semble s'adresser à un public adulte... pour le moment également !

On peut constater que de nombreuses illustrations (en dehors des couvertures) en pages intérieure de Paris-Comique sont rehaussées de couleur, certainement au pochoir.


En tout cas, les prouesses de ces cavalières et cavaliers improvisés semblent le passionner. On ne doute pas, en les voyant faire, que chacun y va de sa virtuosité propre et surtout, de son commentaire.
Les premiers carrousels datent du début du XVIIe siècle, et étaient réellement mus par de vrais animaux. Les premiers "motorisés" ont fait leur apparition en Europe vers 1860, grâce au développement des machines à vapeur. On imagine la cacophonie mécanique de l'ensemble, mélangée aux commentaires et cris en tout genres, sur fond sonore non négligeable d'une machine vapeur ! Ajouté à cela les toilettes de ces dames et de ces messieurs, il n'en fallait pas plus pour que Robida jette son dévolu sur cette manifestation incongrue que finalement l'illustration, "peine" à reproduire... faisons également marcher notre imagination, au fur et à mesure des légendes de ces dessins.

- Gustave ! Enfoncé ton vélocipède !
Et oui, 1870, c'est aussi la grande époque du "vélo": la Vélocipédomanie... les années 1869-1870 voient l'apparition des roues métalliques à rayons, et aussi les bandages pneumatiques breveté par Clément Ader qui remplace avec bonheur les roues cerclées de fer qui devaient être une "horreur" sur les pavés de la ville. De là à être concurrencé par le cheval de bois du carrousel, il n'y a qu'un pas avec Robida... au galop... avec moins de risque et moins de fatigue.




- Jules ! toi qui a été dans la cavalerie, qu'est-ce que tu dis de çà ?
Est-ce une vision robidienne fantasmée ? on doute que la parisienne du moment se laisse aller à de telles acrobaties...
à moins qu'une demi-mondaine "bien parties" se soit lâchée !


- Charles ! hein, plus fort qu'au Cirque !
Presque plausible... enfin, plutôt une illustration inspirée par les belles et jeunes écuyères, qui ont du en d'autres lieux, faire chavirer plus d'un cœur !

Centaures et Centauresses.
Equitation dans toutes les règles.
Nota. - La scène ne se passe pas autour du lac, au bois de Boulogne.
Là, ce n'est pas équivoque, en couple, faute d'une vraie monture, on se laisse bercer par un petit trot au bois... noter au sol les volutes, et ce couple qui fume...
ne serait-ce pas pour évoquer si justement cette machine à vapeur, qui devait finalement avoir beaucoup de mal à se faire oublier.


- Tu sais, Anatole ? M. de Lagrange m'a fait des propositions... pour le grand prix de Paris !
Monsieur Frédéric Joseph Barthélémy, 2è comte de Lagrange, devait défrayer la chronique de l'époque...en se rendant célèbre grâce à ses écuries de courses, en France et en Angleterre.
La compagne d'Anatole serait-elle une belle pouliche ?

La question vous est posée Monsieur Robida !

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