lundi 1 décembre 2014

Le Salon de 1884... dans La Caricature #1

Chaque année, dans La Caricature, Albert Robida prend un malin plaisir à "écorner" les œuvres présentées lors du "Salon" - Exposition des Beaux-arts, au Palais des Champs Elysées (ex. Palais de l'Industrie de l'Exposition universelle de 1855), à partir du 1er mai.

Rendez-vous en 1884, dans le numéro 229 du 17 mai, pour un tour d'horizon des œuvres présentées, revues et corrigées... et commentées, par notre dessinateur préféré !
Toujours drôles, ses interprétations s'inspirent soit de sa propre perception, forcément de ses goûts, bien sûr de la qualité perçue de l’œuvre, de la politique et de l'actualité, mais aussi en fonction de l'auteur, de sa notoriété plus ou moins justifiée, etc. Il y en aura pour tous les goûts, et chacun en prendra "pour son grade".

Bien sûr, le but premier de La Caricature est d'amuser son public, et il semble que cela fonctionne très bien !

Commençons avec la couverture, qui nous propose toujours des illustrations en couleur, évidemment plus "léchées" que celles des pages intérieures...

Le premier dessin s'intitule Modernisme et s'inspire du tableau de Jean Béraud : "A la salle Graffard" :



Meeting à la salle Graffard - Fête socialiste à Ménilmontant. - Grand concours de pipes et de têtes de pipes socialistes, impossibilistes et anarchistes. Exercices du petit Guignol politique. Concours d'essai pour le Conseil Municipal : Le citoyen qui présentera la plus belle tête de pipe culottée au service des immortels principes sera nommé conseillé municipal.

Ci-dessous, découvrons l’œuvre originale de Jean Béraud qui, avouons-le, est beaucoup moins amusante.


Jean Béraud (1849-1935) est un peintre académique français, auteur de vues parisiennes traitées sur un mode réaliste et anecdotique.
Anatole France commente ce tableau dans Le Jardin d'Epicure (1924) :
    Il y a une petite toile de Jean Béraud qui m'intéresse étrangement. C'est la salle Graffard; une réunion publique où l'on voit fumer les cerveaux avec les pipes et les lampes. La scène sans doute tourne au comique. Mais combien ce comique est profond et vrai! Combien il est mélancolique! Il y a dans cet étonnant tableau une figure qui me fait mieux comprendre à elle seule l'ouvrier socialiste que vingt volumes d'histoire et de doctrine, celle de ce petit homme chauve, tout en crâne, sans épaules, qui siège au bureau dans son cache-nez, un ouvrier d'art sans doute, et un homme à idées, maladif et sans instincts, l'ascète du prolétariat, le saint de l'atelier, chaste et fanatique comme les saints de l'Église, aux premiers âges. Certes, celui-là est un apôtre et on sent à le voir qu'une religion nouvelle est née dans le peuple.

A suivre...
sous peu, la seconde illustration... qui vaut son pesant... de cacahuètes... Saint Pierre Puvis De Chavannes... priez pour nous !

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