lundi 3 juin 2013

Paris sur les bords de la Rivièra

La Vie Parisienne - 26 janvier 1889
Illustrations d'Albert Robida

Croquis d'Album

Qui ne les connaît au moins par les descriptions plus ou moins enthousiastes, ou par les photographies naturelles ou peinturlurées qu'on vous envoie, les beautés classiques des paysages du Midi ? Tout le monde sait que la Méditerranée est d'un bleu féroce, les montagnes veloutées à l'approche de la nuit, ou couverte de neige en plein soleil, que l'atmosphère est d'une pureté sans égale, que citronniers et orangers sont baignés par les flots, que les oliviers étendent leurs pâles ombres sur des paysages grecs, que les mimosas voltigent au-dessus de votre tête comme des plumes légères et vous cachent le ciel, que le soleil fait effet merveilleux sur cette montagne, la lune sur cette pointe. Tout cela est vrai, mais il y a autre chose. Vous n'êtes pas depuis quatre jours dans le Midi que vous êtes étonné de retrouver Paris, comme si vous ne l'aviez jamais quitté. On arrive à se le reconstituer entièrement. Si le temps n'est pas admirable - ce qui arrive quelques fois avec la pluie, la neige, le froid, - l'illusion est complète. Prenez mon bras, nous allons faire un petit tour tout le long de la corniche...

Il s'ensuit 2 pages de descriptions et de comparaisons, souvent "tirées par les cheveux", entre cette Rivièra, et la capitale !




L'usine à Gaz, avec tous ses accessoires, un des premiers points de vue qui s'offrent à vos regards en arrivant à Cannes; mais vous le passez sous silence, vous ne parlez que de l'Esterel, des îles, des splendides jardins ombragés de pins parasols que vous venez de traverser. On se croirait boulevard Courcelles ou à la Villette. Il ne manque qu'un ballon qu'on serait en train de gonfler. Quelques Omnibus complètent l'illusion.

L'homme aux Caricatures qui vous fait votre charge en cinq minutes au fusain, dont vous avez de la peine à vous débarrasser dans les restaurants de nuit ou guinguettes suburbaines. A Paris, il n'opère que le soir, ici, depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, dans une baraque, Promenade des Anglais.
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Crieur de journaux sur la voie publique. - Vous qui avez peut-être quitté Paris pour ne plus les entendre dans les rues, devant les tramways !... A l'arrivée de chaque courrier ils vous beuglent les dernières nouvelles sur la promenade des Anglais ou sous les arcades pendant que vous prenez votre café?
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