lundi 14 septembre 2009

De jadis à demain,l’imaginaire du dessinateur Albert Robida - 12 septembre au 5 novembre 2009 - St-Pierre des Minimes – Compiègne

7. Robida, un génie de l’anticipation











Tout au long de sa carrière, Robida ne cesse de s’intéresser aux découvertes scientifiques. Il illustre plusieurs journaux de vulgarisation scientifique dans lesquels il introduit une note fantaisiste avec des dessins révélant des inventions farfelues ou bien détournées de leur usage supposé.

Dans son journal La Caricature, il présente par exemple un « fidélimètre », appareil soi-disant mis au point par Edison, pour mesurer le sérieux des ménages ; ailleurs il dessine «L’inoculation du parfait bonheur » à partir d’un vaccin qui fait écho ironique aux travaux de Pasteur...

La nostalgie d’un passé idéal, conjuguée à son intérêt constant pour les questions sociales et environnementales, conduit Robida
à écrire des récits d’anticipation dans lesquels il livre une vision à la fois plaisante et angoissée du siècle à venir.

L’histoire, tant dans Le Vingtième Siècle (1883) que dans La Vie électrique (1892), est prétexte à la mise en scène de machines

très surprenantes à l’époque où l’électricité n’était réservée qu’à l’éclairage de rares lieux publics.

Ces machines présentées comme aliénantes par Robida,telles que le « téléphonoscope », qui préfigure la télévision et Internet, nous semblent aujourd’hui bien familières...

La vision de Robida, précurseur de la science-fiction, est ample et originale et touche les domaines scientifiques, militaires, mais surtout sociaux.

Il imagine les conditions de vie de l’homme des années 1950 dans une organisation urbaine en réseau : les informations circulent par le « téléphonoscope », tandis que les personnes et les biens transitent par la voie aérienne ou dans des tubes assez semblables aux TGV. Selon le même principe, la nourriture industrielle est délivrée à domicile par un système de canalisations.

Ce monde futur où tout semble simplifié par l’électricité, n’est pourtant pas idéal : pollution urbaine et catastrophes industrielles perturbent la vie quotidienne des Parisiens du vingtième siècle, quand ce ne sont pas des guerres destructrices impliquant l’ensemble des populations civiles et militaires.

L’univers imaginé par Robida pour ses petits-enfants est bien proche de notre réalité.


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