mardi 21 mai 2019

Robida en Belgique, aquarelle de Dinant !

Voici une belle aquarelle de la ville de Dinant en Belgique, par Albert Robida. Elle a été vue sur un site de vente aux enchères, mais le lien ayant disparu, difficile de donner beaucoup d'informations à son sujet.
Voilà déjà le visuel, ci-dessous :


Nous n'avons ni le format ni l'année.
En ce qui concerne la datation, on peut avancer l'année 1908 sans risque de beaucoup se tromper. En effet, on est de suite tenté d'aller voir dans l'ouvrage Les Vieilles Villes des Flandres - Belgique & Flandre Française, édité par la Librairie Dorbon-Aîné en 1908, s'il ne s'y trouverait pas une vue similaire.

Effectivement, on trouve bien en fin d'ouvrage une magnifique gravure pleine page représentant une vue similaire, mais cependant cadrée beaucoup plus large.

A bien y regarder, les détails "choisis" dans cette aquarelle recadrée dans un format différent, sont exactement les mêmes... comme si Robida n'avait pas bougé entre les deux dessins.
Il s'agit assurément du même travail de départ, et s'il est difficile de dire lequel est l'original de l'autre, ce rapprochement indéniable permet de dater cette œuvre de 1908 !

Dans ce même ouvrage, une autre vue de Dinant et son Hôtel de Ville :


lundi 20 mai 2019

Albert Robida à la Médiathèque d'Arcueil - et l'exposition Robotic Pulps (jusqu'au 1er juin)


Nous vous parlions il y a quelques jours de l'exposition Robotic Pulps qui se tient à la médiathèque d'Arcueil du 14 mai au 1er juin. Nous avons eu le plaisir de la visiter samedi dernier, et nous pouvons confirmer que cette exposition est très sympathique et ludique... et quel bonheur de voir qu'Albert Robida était plutôt bien représenté, sous la forme d'un kakémono, s'intéressant à son Président Mécanique de la République française... sorte de robot-automate qui a parfaitement sa place au milieu des Pulps américains, mais également à ses principaux ouvrages d'anticipation, le Vingtième Siècle (1883) et La Vie électrique (1892).

Nous remercions vivement l'organisateur et commissaire de cette exposition, Jean-Yves Freyburger, d'avoir réservé un espace à notre auteur préféré, mais également de faire la promotion de l'exposition Robida à la Grenouillère (Croissy-sur-Seine), qui se prolonge - du fait de son succès - jusqu'à fin août 2019.



Horaires de la Médiathèque : (tous espaces confondus)
Mardi : 15h30 à 19h.
Mercredi : 10h à 18h.
Jeudi : 15h30 à 18h.
Vendredi : 15h30 à 19h.
Samedi : 10h à 13h | 14h30 à 18h30

1 rue Louis Frébault - 94110 ARCUEIL
Tel : 01 49 08 51 70 - Fax : 01 49 08 51 73
mediatheque@mairie-arcueil.fr

vendredi 17 mai 2019

La chute de Rongemaille pour la Nuit des musées ! ...à Compiègne le 18 mai 2019...

A l’occasion de la Nuit des musées, le Musée Antoine Vivenel de Compiègne propose une manière très ludique de découvrir l'ouvrage des "Assiégés de Compiègne", écrit et illustré par Albert Robida, et plus particulièrement un de ses épisodes, "La chute de Rongemaille".

Cela se passera au musée Antoine Vivenel mais aussi dans les rues de Compiègne !

« La chute de Rongemaille » Les assiégés de Compiègne d’Albert Robida en réalité augmentée ! Animez un dessin d’Albert Robida grâce à une application active dans le musée et en extérieur à la grosse tour du Roi.


Application à télécharger depuis l'App Store ou Google play.


https://www.facebook.com/Mus%C3%A9e-Antoine-Vivenel-197585097263/

https://www.facebook.com/events/343587082950337/

 Ruines de la Tour Beauregard, Compiègne (1900), par Albert Robida
(carte postale - série E Jeanne d'Arc à Compiègne. Ed. Beaudelot, 1912).

mercredi 15 mai 2019

Faire le tour du monde à 80 km/heure : Robida VS Macron !

Le Tour du Monde à Quatre-vingts à l’Heure

Nous voici de retour dans le Journal des Voyages, en 1907… dans la série « Humour Cosmopolite »… On pourrait se demander si le Président Macron ne s’en était pas un peu inspiré ? Allons voir comment et pourquoi…

- A droite !... Voyez… hôtel de ville XVe siècle… Il y a un musée… mai non, c’était tout à l’heure… maintenant château fameux, ruine célèbre, donjon, oubliettes… le connétable Chose y est né… regardez, un joli port… Sur votre droite, zut, qu’est-ce qu’il prend à mon moteur ?... à droite, flèche gothique… cathédrale… je vous préviendrai quand i y aura quelque chose d’intéressant !...
- Je croyais que nous étions en Hollande et nous avions déjà passé en Italie… Je me disais aussi, il ‘y a pas de moulins… A part çà, nous avons très bien vu !


Cliquer sur l'image pour l'agrandir

Avouons-le, cette illustration ne manque pas d’intérêt, elle est presque d’actualité !

Albert Robida nous propose de partir pour un Tour du Monde à la vitesse folle – pour l’époque – de 80km/h ! Bien sûr, on ne peut faire l’impasse sur le sympathique rapprochement, quelques années après, avec un des plus célèbres romans de Jules Verne, le Tour du Monde en 80 jours (publié en 1872)… Ce n’est pas la première fois que Robida fait référence à Verne, que ce soit pour un gentil clin d’œil ou une épopée un peu plus acérée, comme les Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul dans les 5 ou 6 parties du monde et dans tous les pays connus et même inconnus de M. Jules Verne, par exemple.

Mais cette fois-ci, on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement beaucoup plus actuel, avec évidemment cette référence à la vitesse de 80km/h qui, à l’époque, devait apparaître pour certains comme étant pure folie ! Même si on se rappelle que Camille Jenatzi, avait déjà dépassé les 100km/h le 29 avril 1899, avec sa voiture électrique baptisée « La Jamais contente ».
On ne sait pas si Robida s’intéressait beaucoup à l’automobile, mais on note cependant que les véhicules de série les plus rapides de fin 1906 atteignaient les 80 km/h, comme la Renault Type AI, une belle « routière » haut de gamme, équipée d’un moteur de 35CV et d’une cylindrée de 7460cm3 !

On remarque dans les dialogues de ce dessins, que chauffeur et passagers ne peuvent finalement pas profiter de leur beau voyage touristique. Du fait d’une vitesse excessive, ils n’ont pas le temps d’apprécier les sites et monuments historiques qui ponctuent leur périple européen… à tel point qu’ils ne se sont même pas rendus compte qu’ils avaient changé de pays… passant sans crier gare des Pays-Bas à l’Italie, sans même apercevoir la France !

Alors, quel constat pouvons-nous faire ? Assurément, Robida était un précurseur, et le Président Emmanuel Macron l’a certainement bien entendu et constaté. Au-dessus de 80km/h, les risques sont trop importants, et par-dessus tout, on ne peut plus apprécier notre beau paysage de France. Quel dommage !
Non seulement notre Président se préoccupe de notre santé et de nos vies, mais également de l’intérêt touristiques de nos territoires.

Alors… votons ROBIDA !

dimanche 12 mai 2019

Exposition : Robotic Pulps. Par Jean-Yves Freyburger. Du 14 mai au 1er juin - Médiathèque Louis Pergaud à Arcueil

Même si bien sûr Albert Robida n'a jamais dessiné dans les Pulps américain, il a quand même toute sa place dans cette exposition "Robotic", en tant que précurseur !

Nous remercions Jean-Yves Freyburger, commissaire passionné de cette exposition, pour avoir réservé une place de choix à notre auteur-dessinateur, par l'intermédiaire de son Président mécanique de la République Française - un robot avant les robots - imaginé en 1883 pour son roman le XXe siècle.


Découvrez les robots à travers les pulps américains, ces magazines des années 1920-1950 aux couvertures colorées et provocantes.
Une vision rétro et délirante de folles machines au service de l’homme où de sa destruction !

Isaac Asimov y créera le terme « robotique » et sa série « robot » adaptée au cinéma avec Will Smith ; Capitaine Flam y fera ses débuts sous le nom de Capitaine Future et le groupe Queen y puisera la couverture de son album « News of the World ».

Exceptionnellement en France, une trentaine de ces fragiles magazines seront exposés à la médiathèque d’Arcueil, accompagnés de nombreuses reproductions de couvertures et d’illustrations, de livres, jouets et figurines, extraits audio et vidéos.

Une visite guidée sera proposée le Samedi 25 mai 2019 à 15h par Jean-Yves Freyburger, commissaire de l’exposition et propriétaire des collections exposées, avec lectures de textes et robots à grignoter à la clef !



Horaires de la Médiathèque : (tous espaces confondus)
Mardi : 15h30 à 19h.
Mercredi : 10h à 18h.
Jeudi : 15h30 à 18h.
Vendredi : 15h30 à 19h.
Samedi : 10h à 13h | 14h30 à 18h30

1 rue Louis Frébault - 94110 ARCUEIL
Tel : 01 49 08 51 70 - Fax : 01 49 08 51 73
mediatheque@mairie-arcueil.fr

samedi 11 mai 2019

Voyage de M. Dumollet... une belle planche originale !

Petite découverte sur un site d'enchère bien connu (pas la peine de le nommer, tout le monde l'aura reconnu !), une très belle planche au format 31,4 x 24 cm comprenant 8 dessins à l'encre de Chine, projets d'illustration pour l'ouvrage de 1883 " Les Voyages de Monsieur Dumollet".

Un grand merci au vendeur, qui nous fait "profiter" de quelques belles photos de cette magnifique planche originale !

On note que Robida savait optimiser la surface de papier... tout est utilisé ! On rêve cependant de découvrir ce qu'il y avait sur la partie découpée...


Ci-dessous, quelques vues rapprochées, permettant d'apprécier le coup de patte, ou plutôt de plume, du maître :






Ci-dessous, la localisation de ces illustrations dans l'ouvrage " Le Voyage de Monsieur Dumollet" :


Voyage de Monsieur Dumollet
  • d'A. Robida, texte & des .
  • In-8 . Decaux, 1883, 116 p.
  • Cart. éd . crème avec sur le premier plat compos. de Robida, et coins bleus avec portraits, médaillon sur le deuxième plat.
  • Pages de garde en doubles pages de compos. fantaisistes sur papier grenat,
  • Tranches rouges.
  • Faux-titre et titre avec des. , de la maison G. Decaux
  • Table des chap. ill.
  • 140 des. in-texte, dt 12 h.t. , dt 4 eaux-fortes et 8 h.t. coul.
  • Tirage de tête de 50 ex. sur Japon, non numérotés.

jeudi 9 mai 2019

Colloque « Les temps de l’anticipation » Lyon, 9-11 octobre 2019

A noter, du 9 au 11 octobre 2019, se tiendra à Lyon un colloque qui devrait passionner les amoureux du genre "Les temps de l'anticipation".
Pour le moment, difficile à dire si des membres de notre association y participeront, mais une chose est sûr, c'est que l'ombre d'Albert Robida y planera certainement.

Les temps de l’anticipation (1860-1940)
Colloque organisé par l’ANR Anticipation
9-11 octobre 2019 – Lyon

Les lecteurs contemporains ont l’habitude d’associer la littérature d’anticipation au principe d’une expérience originale du temps, qu’il s’agisse de projeter des personnages dans le futur, de dévoiler des sociétés imaginaires archaïques ou plus avancées que les nôtres, ou de dessiner l’avenir des progrès des sciences et des technologies. De fait, ces thèmes sont constamment mobilisés par les récits d’anticipation. Mais pour saisir véritablement les enjeux qu’ils soulèvent, il importe de recontextualiser le rapport au temps dans l’anticipation. Derrière l’apparente permanence des interrogations, les questions se posent assurément différemment dans la dynamique positiviste des années 1860, au tournant du siècle ou dans le contexte de l’entre-deux-guerres. La spécificité du rapport au temps construit dans l’anticipation est indissociable de son insertion dans la presse et la culture médiatique contemporaine. La temporalité de l’anticipation est en effet directement influencée par le temps médiatique et elle ne saurait se comprendre indépendamment de ses supports de diffusion.

Cette production romanesque s’inscrit par ailleurs dans le cadre plus large d’un changement de paradigme anthropologique, social et psychologique, caractéristique du régime moderne d’historicité (François Hartog) : abandonnant peu à peu une pensée circulaire du temps, on se met à envisager son déroulement comme une pure linéarité. L’eschatologie ancienne se voit reconfigurée en termes positivistes de progrès ou d’inéluctable déchéance de l’espèce humaine dans une perspective darwinienne. La tentation est alors de se projeter vers l’avenir (progrès, planification), d’élaborer des modèles prédictifs (météo, bourse, paris), bref, d’anticiper – les fictions portent l’empreinte de ce bouleversement.

Les titres mêmes des œuvres affichent souvent un tropisme vers l’avenir (Le Vingtième siècle d’Albert Robida ou L’Ève future de Villiers de l’Isle-Adam), que le futur soit proche (Colère sur Paris, roman de demain matin de Pierre Dominique) ou lointain (Les Ruines de Paris en 4875, d’Alfred Franklin). Même lorsque le décalage temporel ne s’actualise pas par un bouleversement complet de la représentation, mais se joue par exemple dans le secret du laboratoire avec l’invention de technologies nouvelles découpant un îlot de futur dans la trame ordinaire des jours, le récit d’anticipation présente une temporalité innovante qui amène le lecteur à réfléchir sur son présent : la projection vers l’avenir n’empêche pas un « présento-centrisme » (Saint-Gelais).

Du point de vue de l’histoire littéraire, cette perspective temporelle éclaire la vie des œuvres : dans quel contexte naissent-elles, dans quel processus prennent-elles place (réclame, diffusion, critique, légitimation, oubli), quel effet de traîne peuvent-elles avoir (rééditions, adaptations, percolation socio-médiatique, intertextualité, postérité) ? Le prisme de la temporalité permet également de prendre en compte les rythmes éditoriaux et médiatiques (feuilleton, sérialité). Les étapes de l’institutionnalisation de l’anticipation, l’évolution de ses appellations, des textes qui la théorisent, la succession des auteurs emblématiques, peuvent fournir des points d’entrée à cette réflexion.

Avec le recul du temps, le lecteur actuel est aussi amené à porter un autre regard sur ces textes, envisagés comme des « rétrofictions » (Costes et Altairac) dont le futur peut nous apparaître daté, davantage porteuses d’un imaginaire passé que d’un avenir encore envisageable. On pourra s’interroger sur les lectures contemporaines du récit d’anticipation, pour se demander en quoi nos représentations du futur ont évolué, et dans quelle mesure elles croisent aujourd’hui encore la lignée de l’anticipation (steampunk, rétrofuturisme…). Le fait que les récits d’anticipation du XIXe siècle et de la première moitié du XXe deviennent une matière réexploitable dans une esthétique « vintage » suggère que les paradigmes de temps liés à ces fictions ne sont plus ceux qui dominent aujourd’hui.

 Ce colloque étudiera ces différents enjeux dans les récits d’anticipation francophones de la période (1860-1940) ainsi que dans leur réception jusqu’à nos jours, en observant de quelle manière ils se déclinent selon les sous-genres, les publics visés et les modes de publication. L’ensemble de ces réflexions pourra prendre appui sur les analyses statistiques issues de la base de données de l’ANR Anticipation.

Dans un souci de prise en compte globale des phénomènes observés, on évitera les monographies.

SUITE

mercredi 1 mai 2019

Verkehr im jahre 2000 - La locomotion en l'An 2000... Robida inspire d'autres dessinateurs, en Allemagne !

Stollwerck's Sammel Album n°1...

Certainement le premier album collecteur d'images abordant le thème de la science-fiction, l'Album n°1 du chocolatier allemand Stollwerck de 1897 nous propose en dernière page 6 belles vignettes en couleur. Sur chacune d'elles, sont représentés des moyens de transport du futur aussi divers que variés :
  • un train pendulaire (qui nous fait penser à celui - certainement déjà en projet car présenté à l'Exposition de 1900 - puis installé à Wuppertal en Allemagne où il continue de fonctionner).
  • des taxis électriques et leurs stations de recharge.
  • un tour du monde en ballon dirigeable.
  • un sanatorium volant.
  • une police volante et ailée.
  • un train hôtel.

Même si ces vignettes ont été réalisées par un illustre inconnu (de nous), il ne vous aura certainement pas échappé que plusieurs d'entre elles s'inspirent de dessins d'Albert Robida, illustrant l'article d'Octave Uzanne, La Locomotion Future, paru dans le Monde Moderne en 1895 !

Jugez-en par vous même, ci-dessous, les vignettes de l'album et les dessins d'Albert Robida ayant servi d'inspiration :


Ci-dessus, la fameuse illustration d'Albert Robida, mettant en œuvre les Taxis de la Compagnie électrique avec à l'arrière plan, une station électrique pour recharger ces engins de locomotion (La Locomotion future, page 107). Si on regarde la vignette couleur, l'inspiration est plus que flagrante, c'est presque un hommage tant la ressemblance est là... le Taxi en devient même "1ère Klasse" !!

Ici encore, la ressemblance est évidente, jusqu'aux inscriptions sur les flancs du wagon-hôtel, avec quelques traductions. Bedrooms devient Schlafsalons et Cook's Palace Hotel se transforme en Bier-Restaurant. En revanche, la vignette s'est enrichie d'une foule de détails qui finissent plutôt bien l'illustration ! (La Locomotion Future, page 110).


Sur la vignette ci-dessus, on note une forme de ballon légèrement différente. De même, les villes reliées ne sont plus les mêmes. Le Londres-Paris-Marseille devient le presque logiquement Berlin-Melbourne. La nacelle, quant à elle, est identique et encore une fois, les inscriptions sont reprises et traduites, la Salle à manger devient la Speisesaal, et bien sûr, l'environnement s'est aussi beaucoup enrichi (La Locomotion Future, page 112).

Bien sûr, cet illustrateur allemand n'a certainement pas été le seul à s'inspirer de l’œuvre d'Albert Robida, au même titre que Robida s'est certainement inspiré parfois d'illustrations de confrères... un échange de bons procédés !



Nous remercions chaleureusement Marc Madouraud qui nous a communiqué les éléments de cet album Stollwerck allemand.

jeudi 25 avril 2019

Albert Robida... et Alberto Santos Dumont - Almanach Vermot 1908

Tout le monde connaît le célèbre pionnier de l'aérostation et de l'aviation, le brésilien Santos-Dumont, qui a profondément marqué le début de ces disciplines !
Quelle surprise - ou pas - de le retrouver croqué sous la plume de Robida, en haut de page de l'Almanach Vermot du 6 avril 1908 (dessin de 1907).
Ce n'est pas explicitement noté, mais le dessin n'est pas équivoque : on reconnaît sans peine l'avion 14bis, un des premiers plus lourd que l'air motorisé à avoir quitté le sol en France, au parc de Bagatelle le 23 octobre 1906. Et bien sûr, on identifie également le pilote, avec sa petite moustache, son célèbre Panama vissé sur son crâne et son allure d'homme du monde.

Mais sincèrement, son avion "a pris cher", et pas uniquement à cause d'une chute de 1800 mètres dans l'océan. On peut dire qu'Albert Robida - comme d'habitude - c'est amusé à revoir la topologie de l'engin. On retrouve effectivement la forme des ailes de l'avion 14bis de Santos-Dumont, mais avec quelques aménagements plutôt libres... et même une personnification du nez de l'appareil, dont Robida a le secret.
L'action se passe sous les yeux - peut-être moqueurs - d'aérostiers pilotes d'aérofléchettes ou autres, aux allures que nous connaissons plutôt bien, puisque dans le style des engins volants que Robida nous propose depuis une bonne vingtaine d'années dans ses premiers ouvrages d'anticipation.

Ces pilotes se moquent-ils du plus lourd que l'air de Santos-Dumont ? Cela, l'histoire ne nous le dit pas, et nous ne pourrons pas affirmer non plus que Robida préfère donner sa confiance aux plus légers que l'air, plutôt qu'à un amas de bouts de bois et de toile fragile, sommairement arrangé, comme ce fut souvent le cas pour les premiers avions de l'histoire.



Ci-dessus et ci-dessous, l'avion 14bis d'Alberto Santo-Dumont, ayant vraisemblablement inspiré cette illustration d'Albert Robida.


mercredi 24 avril 2019

LE MERVEILLEUX SCIENTIFIQUE - Une science-fiction à la française - une superbe exposition à la BNF, magnifiquement mise en page !

Une exposition à voir absolument... aussi passionnante que belle, un vrai régal pour les yeux !

LE MERVEILLEUX SCIENTIFIQUE
Une science-fiction à la française

du 23 avril au 25 août 2019 - BnF François Mitterand



A travers les principales thématiques, Fleur Hopkins, commissaire de l'exposition, se propose de faire découvrir à un public émerveillé ce sujet qui va beaucoup plus loin qu'un simple historique de la science-fiction à la française.
C'est bien ficelé, très complet, et Fleur Hopkins a su nous dresser un tableau riche de 250 reproductions de documents très rares pour certains !
Cet historique est loin d'être stérile et nous offre un panorama époustouflant et superbement mis en valeur par un graphisme dont la qualité n'a d'égale que la dimension des panneaux présentés. Les agrandissements permettent de détailler les illustrations et d'y découvrir une incroyable richesse d'imagination graphique.


Alors, quid de Robida me direz-vous ?

Bien évidemment, il ne pouvait être passé sous silence... notre maître est présent et fort bien représenté. Il s'offre déjà à nos yeux ébahis sur le premier panneau géant sur "Le récit - Merveilleux Scientifique et ses auteurs..." en couverture d'un fascicule du Journal des Voyages de 1904...

Mais aussi et surtout sur le second panneau évoquant "Les précurseurs du Merveilleux Scientifique", avec quelques belles illustrations en provenance de La Caricature, du Vingtième siècle et Le Ballon Fantôme... le tout bien sûr accompagné d'une petite notice.



Et pour le reste, ça foisonne de merveilles, et on apprend aussi beaucoup, à travers le découpage de cette exposition :
  • Le récit - Merveilleux Scientifique - et ses auteurs (1900-1930).
  • Les précurseurs du Merveilleux Scientifique.
  • Un conte à Structure Savante.
  • Pseudo-Science et Merveilleux Scientifique.
  • Paysage Litérraire.
  • La Culture visuelle du Merveilleux Scientifique.
  • Savants fous.
  • Chirurgiens et Carnoplastes.
  • Aux sources du Trans Humanisme.
  • Homme artificiel.
  • En quête de Nouveaux Mondes.
  • Voyages dans l'infiniment petit.
  • Voir l'invisible.
  • Créatures d'Outre-Monde.
  • Voyages dans le Temps.
  • Fins du Monde.
Pour résumer, une exposition qui vaut le déplacement, pour tous ceux qui pratiquent et se passionnent pour le sujet, mais aussi pour les autres, à la découverte d'une histoire de la Science Fiction "à la française", maîtrisée, agréable, et surtout, bien orchestrée par la Commissaire de l'exposition, qui connaît son sujet sur le bout des doigts... BRAVO ! 



ExpositionLe merveilleux-scientifique.
Une science-fiction à la française

À l’aube de la Grande Guerre, le public se passionne pour la découverte des rayons X, la photographie des auras ou les essais de communication avec la planète Mars. C’est dans cette atmosphère de rêverie scientifique que l’écrivain Maurice Renard entreprend de structurer un nouveau mouvement littéraire,  inscrit  dans  la  lignée  de  H.  G.  Wells  et  en  rupture  avec  Jules  Verne  :  le  «  merveilleux-scientifique ». L’intrigue de ces récits se construit dans un cadre rationnel ; l’auteur choisit d’y altérer une loi scientifique, permettant ainsi aux protagonistes de traverser la matière, de lire les pensées ou de voyager dans l’infiniment petit. La BnF consacre une exposition inédite à ce pan méconnu de la littérature française du début du XXe siècle. Un voyage dans le temps jubilatoire aux côtés de ces auteurs « chasseurs de chimères » et « scribes de miracles », qui révèle la richesse de l’imaginaire scientifique français, avant même l’avènement de la science-fiction américaine au début des années 1930.

La  Bibliothèque  nationale  de  France  participe  depuis  2017  à  la  redécouverte  du  corpus  merveilleux-scientifique, qui s’est épanoui en France entre 1900 et 1930, en rééditant certains auteurs-phares au sein de sa collection de pépites littéraires « Les Orpailleurs » (Théo Varlet, André Couvreur, J.-H. Rosny aîné) et en collaboration avec les éditions 2024 (G. Ri).
Maurice Renard, maître à penser du genre, se positionne en tant que « rénovateur du roman » et invite ses pairs (André Couvreur, Théo Varlet, Gustave le Rouge, Octave Béliard, Léon Groc, etc.) à fonder un roman neuf,  basé sur la raison. S’éloignant des aventures scientifiques à la Verne, le récit merveilleux-scientifique s’inspire du roman expérimental de Zola, des contes philosophiques de Wells, des histoires extraordinaires de Poe, du merveilleux de Perrault modernisé et de la vague de merveilleux spirite. Chaque intrigue s’élabore autour de l’invention/modification d’une loi physique, chimique ou biologique, qui pro-pose dès lors au lecteur de regarder le monde connu la tête en bas ou au travers d’un miroir déformant.

L’exposition présente plus de 250 reproductions de documents largement méconnus, issus des fonds de la BnF : romans, feuilletons, affiches, récits sous images, articles  prospectifs et de vulgarisation scientifique. Ils témoignent ainsi de la dissémination de l’esprit merveilleux-scientifique dans la culture médiatique et populaire au début du XXe siècle. Déambulant  librement dans l’allée Julien Cain, le visiteur découvre au fil des cimaises que certaines thématiques  qu’il pensait l’apanage de la science-fiction américaine des années 1930 et au-delà, étaient déjà en germe dans l’imaginaire merveilleux-scientifique français, très au fait des avancées scientifiques de l’époque (homme artificiel et augmenté, révolte des robots, catastrophe écologique, in-vasion et surveillance extraterrestre, etc.). L’exposition met en lumière les liens privilégiés du modèle merveilleux-scientifique avec les sciences et pseudo-sciences de son temps.

La première partie propose une immersion dans l’atmosphère de la Belle Époque, qui voit des savants comme Pierre Curie et Camille Flammarion se passionner pour les mystères surnaturels, tandis que les journaux vantent les bienfaits des crèmes au radium et autres ceintures électriques. En écho à son titre évocateur, « une science-fiction à la française », l’exposition met aussi en évidence la place du champ merveilleux-scientifique dans l’histoire plus générale du roman d’hypothèse où se côtoient science-fiction, aventures scientifiques et autres voyages extraordinaires.

La seconde partie offre un large panorama des motifs littéraires caractéristiques du genre : le savant fou et ses créations, l’homme artificiel, la découverte de nouveaux mondes, les créatures inquiétantes et ultraterrestres, les voyages dans le temps. Les illustrations mettent chaque fois en évidence l’influence du contexte scientifique sur l’épanouissement d’un thème fantaisiste, révélateur d’une époque où l’on rêvait les  « Et  si... ». 

Le merveilleux-scientifique. Une science-fiction à la française
23 avril au 25 août 2019
Allée Julien CainBnF / François-Mitterrand
Quai François-Mauriac, Paris XIIIe
Du mardi au samedi 10h > 19h
imanche 13h >19h
Fermeture les lundis et jours fériés
Entrée libre
Commissariat
Fleur Hopkins, chercheuse invitée au département des Sciences et techniques, BnF 

samedi 13 avril 2019

Albert Robida sera présent lors de la nuit des Musées à Compiègne, le 18 mai 2019

Au mois de janvier dernier, nous avions évoqué le projet d'une future exposition Robida au Musée Antoine Vivenel de Compiègne, suite à l'acquisition, entre autres, du "monstre" des Assiégés de Compiègne (1905) :
https://albert-robida.blogspot.com/2019/01/bientot-une-exposition-robida-compiegne.html

D'autres événements sont à venir, avec notamment...
...Les assiégés de Compiègne d’Albert Robida en réalité augmentée !

A l'occasion de la prochaine Nuit des Musées, animez un dessin d’Albert Robida grâce à une application active dans le musée et en extérieur à la Grosse Tour du Roi.



Musée Antoine Vivenel
2 rue Austerlitz - 60200 Compiègne 

Horaires : Mardi-dimanche10 h-13 h/14 h-18 h
Fermeture : Tous les lundis et les 01/01,01/05, 14/07, 01/11 et 25/12
Tarif (billet unique) :
- Plein tarif : 4 €
- Tarif réduit : 3 €
- Gratuit pour les moins de 26 ans et pour tous, les 1er dimanches du mois

Renseignements et réservations: 03 44 20 26 04

Page Facebook Musée Vivenel : https://www.facebook.com/Musée-Antoine-Vivenel-197585097263/

dimanche 7 avril 2019

En 1965, le Roman prophétique d'Albert Robida, annoncé dans Les annales politiques et littéraires...

Albert Robida collabore de 1889 à 1920 avec Les annales politiques et littéraires, une revue hebdomadaire dirigée par Adolphe Brisson.

Du n°1896 du 26 octobre 1919 au n°1908 du 18 janvier 1920, Robida y publie un roman sous la forme d'un feuilleton : En 1965.

Malgré le fait qu'il n'ait jamais été publié en dehors de ce feuilleton, ce roman d'anticipation est bien connu de ceux qui s'intéressent à l'anticipation et à Robida.

D'ailleurs, deux semaines avant sa parution, la rédaction de la revue annonçait à ses lecteurs la publication prochaine de ce roman prophétique, écrit et illustré par Robida, sans oublier de faire l'éloge de ce visionnaire comparé comme étant l'égal de Verne et de Wells... ce que nous ne réfuterons pas !

Nous vous laissons découvrir ci-dessous le texte de cet encart annonciateur... plutôt alléchant :




Couverture dont est extrait l'encart ci-dessus.

lundi 1 avril 2019

Robida à Venise... Le Pont du Paradis... en 1904 !

On l'a dit et on le répète, Albert Robida excelle dans les représentations des vieilles villes d'Europe... il semble y être dans son élément. S'il a illustré de nombreux ouvrages du genre, mais aussi des guides de voyage, on retrouve aussi ce type d'illustrations dans des périodiques comme Le Journal des Voyages, avec lequel il collabore de 1900 à 1913.

Albert Robida aborde avec son brio habituel différents sujets, et régulièrement, offre aux lecteurs des Curiosités Pittoresques dans un "Robida Album" !

Dans le numéro 373 de 1904, il nous entraîne à la découverte de l'Entrée de rue sur le canal del Paradiso, à Venise.



Parmi les innombrables "Rios" de Venise, enjambés par tant de ponts de toute taille et de toute couleur, qui relient toutes les ruelles étroites comme des corridors, circulant et s'embrouillant à travers l'enchevêtrement des maisons et des palais serrés, le "Rio del Paradiso", très modeste, montre au moins, à défaut de palais fameux, une jolie entrée de ruelle, surmontée d'un gable gothique fleuronné abritant une madone en bas-relief, entre deux façades Renaissance plus ou moins aristocratiques et fastueuses jadis, dont le crépi rose s'effrite aujourd'hui, et sur lesquelles flotte en longues banderoles le linge des blanchisseuses.

On reconnaît bien la patte de Robida dans cette illustration pleine de détails et de vie. Bien sûr, on pourrait se demander s'il ne s'agit pas d'une vision idéalisée ou édulcorée du lieu... Mais il n'en est rien, on peut faire confiance aveuglément à la précision de l’œil de Robida, j'en veux pour preuve les quelques cartes postales ci-dessous, dont les clichés ont été pris à des époques diverses.





On pourrait bien sûr s'amuser à comparer les détails, et pourquoi pas, lors d'un voyage à Venise, aller "in situ", dessin de Robida à la main, et voir ce qui a changé... depuis 115 années !!!

jeudi 28 mars 2019

Albert Robida joue les prolongations au Musée de La Grenouillère à Croissy-sur-Seine

Devant l'affluence des visiteurs et le succès de l'exposition Robida, le Musée de La Grenouillère a décidé de prolonger l'exposition dont la fin était prévue pour le 28 avril, jusqu'à fin août 2019 !

Évidemment, on s'en réjouit et ces 4 mois supplémentaires permettront aux retardataires d'apprécier eux aussi cette belle exposition dans ce fief de l'impressionnisme à Croissy-sur-Seine.



Exposition
Science-fiction hier, réalité aujourd'hui :
Albert Robida 1848-1926


Musée de La Grenouillère

12, Grande Rue, 78290 Coissy-sur-Seine – Mercredi et dimanche 14h30 à 18h00

 www.grenouillere-museum.com


vendredi 22 mars 2019

Nous l'attendions avec beaucoup d'impatience : Réédition de La Vie Électrique aux Editions Plumes & Crayons.


Effectivement, c'est avec beaucoup d'impatience que nous attendions dans nos boîtes aux lettres cette réédition de La Vie Électrique. Nous vous en avions déjà bien parlé dans notre post du 28 novembre 2018.

C'est chose faite aujourd'hui, et les premiers exemplaires de cette magnifique réédition sont arrivés chez les souscripteurs, et je dois dire qu'elle a plutôt fière allure !

Bien sûr, il n'était pas question de refaire un tirage à l'identique de celui de 1893, en conservant le même papier et le cartonnage polychrome d'un coût exorbitant pour un court tirage.


En revanche, la mise en page originale a été recomposée pour un meilleur confort de lecture, mais surtout, elle a été respectée ! Il en est de même pour les hors textes couleurs qui sont bien présents et très bien reproduits !

Évidemment, on pourrait s'étonner du choix de papier pour les pages intérieures, un papier moderne, blanc et surfacé très différent de l'original, mais ô combien mettant en valeur les illustrations de Robida qui prennent finalement un peu plus de corps et permettent d'apprécier à sa juste valeur la qualité des dessins du maître !

Si vous avez lu le post précédent concernant la souscription, à cette époque, une autre couverture était envisagée, et nous avions émis quelques réserves au cours de l'assemblée générale de notre association fin janvier 2019. Il semble que M. Frédéric Douin nous ait entendu, et cette nouvelle couverture, rappelant le cartonnage original est plutôt de très belle qualité, offrant à l'ouvrage l'aspect luxueux des beaux livres, ce qui est tout à l'honneur des Éditions Plumes & Crayons.

Globalement, le résultat est donc très bon, et pour ceux qui auraient la chance de posséder un original, la lecture de cette réédition sera plus confortable, et permettra de ne pas fatiguer encore plus un livre de collection rare de plus de 126 ans !

Un grand bravo pour cette belle édition qui saura trouver sa place dans nos bibliothèques, n'ayant pas à rougir au milieu de nos vénérables ouvrages !



https://fdouin-editions.com/

TIRAGE à 150 exemplaires.
Ean : 9791097269012. Format 210 x 290 mm - 278 pages - les planches en couleurs de l'original sont bien reproduites en couleurs. Le texte a été entièrement recomposé tout en gardant la mise en page de l'original au mm. Ce n'est donc pas un simple reprint.
Tarif : €39.00 
Télécharger quelques pages du livre en PDF

LIEN VERS LA VIE ÉLECTRIQUES AUX ÉDITIONS PLUMES & CRAYONS